Quid sit homo

Bibliographie de la philosophie morale en Europe, XIIIe-XVIe siècles
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Dans les universités de France et de l’étranger sont menés de nombreux travaux de mise au jour et d’analyse critique, historique et doctrinale, d’écrits qui relèvent de l’immense effort accompli entre le XIIIe et le XVIe siècle, dans les cadres de pensée divers de la jeune université scolastique, puis de la Renaissance et des Réformes, non sans profondes continuités en dépit de ruptures certaines entre ce qu’il est convenu d’appeler Moyen Âge et Renaissance, pour répondre, dans des états de société changeants, à la permanente question quid sit homo et pour tirer les conséquences des différentes réponses qu’elle recevait, dont la diversité courait, pour le dire d’une manière simple, du De miseria humanae conditionis de Lothaire de Segni, le futur pape Innocent III à la fin du XIIe siècle, au De dignitate hominis de Pic de la Mirandole en 1486-1487. L’information bibliographique sur ces recherches, ici proposée, vise simplement 1) à procurer à des spécialistes de ce domaine vaste et divers un outil de travail ; 2) à faire connaître à un plus grand public les références et, autant que possible, le contenu, des travaux universitaires qui redonnent accès à d’anciens «laboratoires» de pensée dans lesquels il lui est loisible au moins de récupérer certains «outils» et «matériaux» pouvant être utiles aujourd’hui, moyennant les précautions d’usage que requiert le changement historique : mettre à disposition des moyens pour aider à penser l’être humain et sa condition, à renouer avec plusieurs longues traditions de réflexion d’ailleurs nullement unanimes (confessionnelles, laïques, autoritaires, libertaires, etc.), sans aucune prétention anachronique à présenter d’anciens principes ou méthodes comme des panacées applicables telles quelles aux situations d’aujourd’hui.

Le metteur en œuvre a acquis sa méthode au fil de trente-trois années en tant que fondateur puis principal rédacteur de la Bibliographie annuelle du moyen âge tardif. Auteurs et textes latins, v. 1250-v. 1530, pour le compte de l’Institut de recherche et d’histoire des textes (CNRS). Il souhaite poursuivre selon une formule concentrée sur un domaine plus restreint et plus proche de ses propres recherches, moyennant une plus grande ouverture aux textes européens non-latins (vernaculaires, hébreux, grecs) et une autre organisation des données, non plus alphabétique selon les auteurs et les thèmes médiévaux, mais thématique, avec pour rubriques principales, d’abord, les trois sphères de la philosophie morale aristotélicienne : tradition de l’Éthique à Nicomaque et éthique individuelle des vertus / Éthique familiale [« Économie »]/ Éthique sociale (« Politique » de la cité et éthique des groupes sociaux : les combattants, les nobles, l’assistance aux pauvres, les corporations, etc.) ; ensuite, diverses disciplines, notamment : Droit (principes généraux)/ Éducation/ Écriture historique/ Exégèse/ Parémiologie/ Prédication/ Psychologie (des émotions et de la volonté)/ Rhétorique et poétique/ Théologie (morale)/ Théorie politique/ Théories linguistiques. Les travaux universitaires analysés (monographies, éditions critiques, articles de revues ou de volumes collectifs dans les « grandes » langues d’usage universitaire – allemand, anglais, espagnol, français et italien –, travaux atteints seulement à travers des comptes rendus dans des revues), seront saisis, de manière inévitablement non exhaustive, au fil courant des publications et de leur diffusion et les notices produites seront mises en ligne sitôt élaborées, sans les délais d’une bibliographie sur papier et avec les avantages du libre accès, les plus récents ajouts étant aussitôt repérables.