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Échos d’Antiquité : musiques grecques et latines, de Pindare à Boèce

Sources, historiographie, pédagogie des langages poétiques et musicaux
Descriptif
Lyon, Bibliothèque municipale, ms. 742, f. 166v.

Organisateur(s) IRHT: 

Autre(s) organisateur(s): 

P. Brunet (univ. Rouen)
F. Cam (univ. Besançon)
Ch. Corbier
T. Psychoyou (Sorbonne univ.)

La première séance de cet atelier, qui réunit plusieurs spécialistes de l’hellénisme, de la littérature et du théâtre et de la musicologie, en vue d’explorer les sources de la musique antique, plus particulièrement de l’Antiquité tardive, aura lieu le mardi 2 octobre de 14h à 16h à Université Paris-Sorbonne, site Clignancourt.

Les fragments dont des papyrus de tragédies d’EURIPIDE, d’hymnes chrétiennes, de sources épigraphiques sur pierre (les péans de Delphes du – IIe siècle et l’épitaphe de Seikilos du + IIe siècle), attestent d’un « miracle grec », dans la mesure où il s’agit de la seule des civilisations antiques à pourvoir ses textes d’une notation musicale. Miracle d’autant plus remarquable qu’il nous rappelle que des auteurs connus pour le théâtre ou la littérature, PINDARE, EURIPIDE, ARISTOPHANE, étaient aussi des compositeurs, concevaient leurs vers avec une intonation et une mélodie ; ils dirigeaient parfois les répétitions des choreutes, comme la rapporte cette anecdote de PLUTARQUE à propos de l’auteur d’Iphigénie à Aulis : « Si tu n’étais pas ignare en musique, tu n’aurais pas ri lorsque je chantais en mixolydien ! » (PLUTARQUE, De audiendo, § 15, 46b, rapporté par Annie BÉLIS 1995, p. 15).

Pourtant, ce « miracle grec » doit être relativisé : sans doute les Grecs ont-ils accompli un progrès important vers la notation de la musique, mais n’ont pas encore transformé cette dernière en une culture déterminée par l’écriture, comme le fera plus tard le Moyen Âge. D’ailleurs pour ce dernier, l’apprentissage des « classiques latins » dans les écoles carolingiennes, met à notre disposition de nombreux vers de Virgile, Lucain, Stace ou Horace, pourvus de notations neumatiques, dès la fin du IXe siècle. Ce qui vient compliquer encore la question de la survivance des cultures tardo-antiques dans la chrétienté médiévale…

Un des buts de cet atelier est de proposer à de futurs interprètes de musique antique - dans le cadre éventuel de représentations théâtrales – de mieux maîtriser les outils critiques de ces répertoires, à partir d’une approche critique des principales éditions et transcriptions existantes. Ensuite, les comparaisons avec les répertoires liturgiques occidentaux des VIe-VIIIe siècles (notamment dans les formes archaïques de Rome, Milan, des Gaules ou Bénévent) ou orientaux (chant byzantin) invitent à une réflexion de fond sur les langages musicaux. La pratique musicale confrontée à la théorie de la musique de l’Antiquité, interroge autant sur la question des modes et échelles que celle de la métrique, rythmique, en lien avec la prosodie et la rhétorique. Musiques essentiellement basées sur des structures tétracordales, avec des développements parfois rhétoriques qui utilisent l’hexacorde pour créer le mouvement entre deux tétracordes, il reste extrêmement difficile d’établir les liens, dans une attitude scientifique, entre ces musiques et les transcriptions de musiques antiques qui pourraient fasciner de futures interprètes que nos attentes culturelles contemporaines peuvent espérer…

Informations pratiques

Type d'événement: 

Séminaire

Conditions d'accès: 

Libre

Date de début et fin: 

02/10/2018 to 14/05/2019

Dates des séances: 

02/10/2018 - 14:00

Autre(s) lieu(x): 

Centre universitaire de Clignancourt
2, rue Francis de Croisset - 75018 Paris