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Restauration, numérisation, mise en ligne, et étude scientifique des manuscrits sinistrés de Chartres.
Financement : ADONIS (TGE-CNRS), 2008
Les études sur l’école chartraine souffrent de la disparition d’une grande partie des manuscrits dans l’incendie de la Bibliothèque municipale de Chartres, en 1944. Sur 2000 manuscrits, 960 ont pu être sauvés, dont 450 datent du Moyen Âge, mais ces documents, brûlés, et pour certains comme vitrifiés, sont très fragiles, les liasses difficiles à identifier et interpréter, et il n’y a pas de classement. Ces vestiges d’une grande importance pour l’histoire intellectuelle de l’Occident médiéval sont donc restés jusqu’à ce jour inaccessibles. En 2006, D. Poirel a monté un projet sur les manuscrits sinistrés de Chartres, qui a reçu un financement du TGE Adonis (70 000 euros : http://www.tge-adonis.fr/?Chartres-restitution-d-un-fonds-de) pour rendre à nouveau consultable le contenu de ces manuscrits à l’ensemble de la communauté scientifique, en suivant quatre étapes :
Des collaborations ont été nouées avec la Bibliothèque municipale de Chartres, la Bibliothèque municipale à vocation régionale d’Orléans, le Centre de Recherche sur la Conservation des Collections (CRCC, ancien CRCDG), le service Restauration et le Département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, la Direction du Livre et de la Lecture au Ministère de la Culture et l’Inspection Générale des Bibliothèques. La 3e étape est la plus importante au plan scientifique : une équipe de 21 personnes, membres de l’IRHT ou d’autres institutions, a été réunie afin de travailler à l’identification et à l’étude scientifique des manuscrits et de leurs contenus. L’ensemble sera progressivement et gratuitement consultable par internet grâce à une base de données articulée avec la Bibliothèque virtuelle des manuscrits élaborée par l’IRHT, selon les standards du libre. À ce jour, 40 manuscrits ont été reproduits, dont le ms. 205 (voir illustration), qui contient de nombreux textes rares ou d’une grande importance pour l’histoire intellectuelle des xie-xiie siècles, comme le traité De peccato originali d’Odon de Cambrai, fameux pour ses positions réalistes dans la querelle des universaux : dans le prolongement de ce chantier sur les manuscrits de Chartres, D. Poirel en a commencé l’édition critique en collaboration avec C. Erismann.