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Au cœur de l’histoire des textes se trouvent les mots, écrits, lus, prononcés, chantés, compris ou non, et c’est leur analyse qui donne la clé de bien des énigmes. Quel intérêt y-a-t-il à préciser exactement le lieu et le moment correspondant à un usage lexical, un type d’écriture ou une notation musicale ? N’est-ce qu’un raffinement gratuit de philologue ou d’historien confit dans sa spécialité ? Non, pour cette raison que l’écrit est le témoin le plus précis des évolutions historiques et de la perception que son auteur ou commanditaire avait du monde, et le seul témoin subsistant d’une oralité, qu’il s’agisse d’une mélodie, d’un idiotisme du langage ou de la pratique musicale dans les sphères religieuses ou profanes. Lui seul permet d’avoir accès, pour peu qu’on l’isole, qu’on le critique, qu’on en extraie la moelle avec tous les instruments de la paléographie, de la codicologie et de la philologie, à un monde parlant, chantant, mais disparu.