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Comme le montrent l’histoire de la transmission des textes par les bibliothèques et les milieux d’enseignement, mais aussi toutes les études prosopographiques qui sous-tendent nombre de nos recherches, les échanges se font entre cultures ou au sein d’une même aire linguistique par des réseaux d’hommes ou de connaissances, que la recherche contemporaine, de nouveau organisée en réseau grâce aux technologies actuelles, essaie de reconstruire et de comprendre (voir plus particulièrement en axe 1.1 pour l’humanisme occidental, et en axe 3.1 pour le monde arabe). On pourrait dire ainsi que tout échange intellectuel est rencontre de cultures.
Mais la plongée dans des bibliothèques byzantines qui renferment des manuscrits syriaques ou arabes autant que des manuscrits grecs donne un aperçu plus spécifique de l’un des aspects majeurs des recherches menées dans le laboratoire : les chercheurs y pratiquent l’étude conjointe, favorisée par la cohabitation d’équipes spécialisées dans certains domaines linguistiques, de traditions textuelles qui se côtoient dans des milieux multilingues, ou qui, au contraire, par suite d’une aporie linguistique, se relaient ou échangent entre elles grâce à la traduction et au commentaire.
Cette tension « entre Babel et Pentecôte », pour reprendre le titre d’un livre récent dirigé par P. von Moos, est l’une des figures de l’échange culturel, qui est au cœur des problématiques de l’IRHT.