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Groupement d’intérêt scientifique (GIS) : Les sources de la culture européenne et méditerranéenne

Le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) « Les sources  de la
culture européenne et méditerranéenne », lancé en 2008 à l’initiative de
l’IRHT et d’autres institutions proches de ses domaines de recherche,
vise à fédérer des compétences et des moyens pour contribuer à une
meilleure visibilité des disciplines de l’érudition et de l’étude des
sources écrites et figurées, dans une approche herméneutique, dans une
période s’étendant de l’Antiquité grecque au début de l’ère moderne, en
Occident et dans le bassin méditerranéen, dans les cultures latine,
grecque, arabe, hébraïque, etc.

Le GIS a plusieurs objectifs :

  • Mener une réflexion sur nos disciplines et nos méthodes.
  • Proposer
    des priorités scientifiques à nos tutelles.
  • Rapprocher les
    institutions et les laboratoires qui travaillent sur les sciences de
    l’érudition.
  • Donner une meilleure visibilité à nos recherches et
    ainsi mieux les défendre.

 

Périmètre scientifique

Chronologique : La période qui s’étend de l’Antiquité grecque et romaine au début de l’ère moderne sera abordée sous l’angle de la continuité historique. La culture médiévale s’est, en effet, nourrie des écrits des Anciens. « Nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants » disait Bernard de Chartres au xiie siècle. Les humanistes, du xive au xvie siècle, ont eu recours plus directement encore aux textes grecs de l’Antiquité qu’ils ont tenté, par une approche résolument philologique, de restituer dans leur version originale la plus fiable. 

Géographique : Il serait vain et fondamentalement contraire à l’histoire des savoirs de séparer dans le bassin méditerranéen l’Orient de l’Occident, les pays du Nord des pays du Sud, l’islam du judaïsme ou de la chrétienté. Nous savons tous ce que la culture latine doit aux savants arabes et juifs du Moyen Âge. De même, la recherche aujourd’hui est européenne. La couper du bassin méditerranéen serait nier ses origines et compromettre son avenir.

Épistémologique : Un aller et retour constant est indispensable entre l’observation des documents et le questionnement du chercheur. Entre critique et herméneutique, il y a non pas clivage, mais interaction dynamique. Les disciplines de l’érudition que sont la paléographie, la diplomatique (étude des documents et archives), la codicologie (étude des matériaux du livre et de sa mise en page), l’édition critique des textes, l’iconographie, l’épigraphie, la numismatique, n’ont pas leur fin en elles-mêmes, mais irriguent toutes les branches des sciences humaines (histoire de la philosophie, des sociétés, des sciences, des littératures, des arts, etc.). Ces  branches ne conservent leur cohésion et leur vitalité qu’en s’abreuvant aux sources à travers les racines et le tronc de l’érudition. En ce sens, les sciences critiques doivent rester indissociables de toute recherche qui participe à une histoire de la culture.

Le réseau que nous proposons n’aura pas vocation à s’occuper de toutes les sources, mais se concentrera sur l’écrit et l’image qui ont été les vecteurs privilégiés de la transmission culturelle et scientifique de l’Antiquité à l’époque moderne. Les sciences de l’érudition ont acquis une expérience séculaire des exigences méthodologiques nécessaires pour valider l’authenticité des sources, en permettre la connaissance, en comprendre et transmettre les contenus. Ce savoir-faire, qui se traduit notamment par l’édition et la publication de corpus textuels et iconographiques, ceux-là même qui ont été transmis depuis l’Antiquité et fondent la connaissance dans tous les domaines du savoir, est crucial à un moment où les nouveaux médias bouleversent la reproduction, la diffusion, l’interrogation des sources et leur validation scientifique.

Objectifs

Le réseau aura d’abord pour objectif de réfléchir à la définition de priorités scientifiques afin de proposer à la direction de l’Institut SHS le développement de tel ou tel axe de recherche avec les moyens humains et budgétaires (crédits spécifiques, postes fléchés, mobilité interne au réseau, etc.) adéquats. Il pourra ainsi défendre et représenter nos disciplines aussi bien vis-à-vis des tutelles, et en particulier du CNRS, que d’autres instances et organismes nationaux et internationaux (Ministère de la Culture, etc.).

S’appuyant sur un pôle parisien et sur plusieurs pôles régionaux clairement identifiés, le réseau pourra contribuer à une meilleure visibilité scientifique et géographique de nos disciplines et des approches herméneutiques que nous pratiquons. Il contribuera également à faire mieux connaître les projets, les objets de recherche, les manifestations scientifiques, culturelles et pédagogiques de chacune des parties. 

Le réseau permettra de regrouper nos forces et en partie nos moyens ; il nous aidera à développer les synergies qui existent déjà (Séminaires et ateliers, Semaines d’Etudes, Universités d’été, etc.) et de favoriser l’émergence d’autres formes de collaboration didactique et scientifique y compris avec nos partenaires étrangers. Il aura pour but également de favoriser l’élaboration de programmes communs (projets ANR, ERC, PCRD, etc.) et la mutualisation de nos compétences et de nos structures pour participer à des consortium internationaux

Parmi les projets communs, l’objectif scientifique d’un patrimoine virtuel des sources est très ambitieux mais sans doute nécessaire. Ce réseau documentaire numérique pourrait s’appuyer sur les bibliothèques, les corpus et les fonds de l’ensemble des parties, favorisant également une réflexion méthodologique sur l’accès aux sources.

Fonctionnement

Pour atteindre ces objectifs, la structure la mieux adaptée semble être le GIS (Groupement d’intérêt scientifique). Le GIS est un contrat entre plusieurs partenaires désireux d’officialiser une collaboration scientifique. Son fonctionnement est relativement souple : sa création et son évaluation ne sont pas du ressort du Comité national, sa durée est laissée à la libre appréciation des parties, celles-ci conservent leur individualité. Il fonctionne avec un Comité Directeur, un Directeur et un Conseil scientifique (cf. modèle de convention et toutes les informations sur le site du CNRS).

Une meilleure coordination et une plus grande visibilité de nos disciplines passera nécessairement par la création d’un site internet. Celui-ci s’adressera en priorité aux étudiants et aux chercheurs et les informera sur les grands programmes en cours, les séminaires, les stages, les ateliers, les colloques, les publications, la documentation, les ressources en ligne… Dans certains cas (programmes menés en commun par exemple), il pourra servir de plateforme d’échanges entre les chercheurs. Il contribuera enfin à la valorisation de nos recherches en informant le grand public d’un certain nombre de manifestations susceptibles de l’intéresser (expositions, conférences, publications).

L’une des formes de rencontres entre les parties pourrait être l’organisation d’une journée annuelle autour d’un thème précis. Cette journée pourrait être l’occasion de faire le lien entre des recherches érudites et l’information qu’il convient de transmettre à un plus large public. Pour ne prendre qu’un exemple, le GIS pourrait organiser une journée sur le thème du rôle des traductions (du grec vers le latin, du syriaque vers l’arabe, de l’arabe vers l’hébreu et le latin etc.) dans la transmission du savoir.  Les actes pourraient ensuite être publiés sur le site internet ou donner lieu à une publication papier à grande diffusion.

Manifestations scientifiques

Les sources de la culture européenne et méditerranéenne. Journée d’étude, Paris,  6 novembre 2009

L’objectif de cette première journée d’étude du GIS, durant laquelle une large place sera accordée à la discussion, est de s’interroger sur la nature des sources que nous étudions, sur nos méthodes, sur le croisement des approches et des disciplines, sur les découvertes que nous en attendons et sur les changements que celles-ci peuvent entraîner pour nos disciplines et plus largement pour la société dans laquelle nous vivons. Cela devrait nous permettre de mieux connaître les programmes de chacune des parties, de développer les synergies qui existent déjà, de dégager les priorités scientifiques pour les années à venir, de donner une plus grande visibilité à nos travaux et partant de mieux les défendre.

>> en savoir plus (présentation, programme, inscription)

Liste des laboratoires de recherche et des structures participant aux activites du GIS