Vous êtes ici

Sciences du Quadrivium

test
Chantilly, ms. 65 (1268), f.14v
Equipe
Activités

Activités : 

La fonction du pôle « Sciences du Quadrivium » au sein de l’IRHT est de faire subsister la capacité d’expertise du laboratoire dans des spécialités par ailleurs peu représentées : musicologie et liturgie, astronomie, astrologie et comput, médecine, magie et divination.

Or, nombreux sont les projets de catalogage systématique des manuscrits médiévaux qui réclament le recours à un spécialiste dans l’un ou l’autre de ces domaines. C’est pourquoi, avant même ses projets de recherches spécifiques, les principales missions du pôle consistent à prêter son expertise à de nombreuses entreprises de catalogage et d’éditions de textes, et à poursuivre l’enseignement de ces sciences rares par le biais de séminaires ouverts aux étudiants de master et de doctorat.

L'Université d'Orléans et le Centre Augustin Thierry de l'IRHT

La constitution d’un pôle intitulé « Sciences du Quadrivium » répond à la nécessité de lier les recherches des sections orléanaises de l’IRHT avec celles entreprises au sein de la Faculté des lettres d’Orléans, en particulier pour les membres du CESFiMA (Centre d’études supérieures sur la fin du Moyen Âge) et, plus largement, par l’équipe d’accueil POLEN (EA Pouvoirs, Lettres, Normes). L’occasion de ce rapprochement s’est traduite par le renforcement institutionnel des liens entre l’Université d’Orléans et l’IRHT :

  • d’une part avec le rattachement à l’IRHT, en qualité de chercheurs associés, de Jean-Patrice Boudet et Julien Véronèse en février 2011 ;
  • de l’autre, par l’obtention pour cinq ans par l’Université d’Orléans et l’IRHT, d’une chaire d’excellence consacrée à « l’Histoire des savoirs scientifiques au Moyen Âge », c’est-à-dire à l’histoire de ces disciplines (quadrivium, médecine, etc.), leurs théories, pratiques et transmission par l’enseignement et les manuscrits. Cette chaire a été pourvue en septembre 2011 avec l’arrivée de Iolanda Ventura, spécialiste de la littérature encyclopédique et des livres médicaux du Moyen Âge.

Les sciences au Moyen Âge

Le nom de « Sciences du Quadrivium » donné à ce nouveau pôle provient de l’enseignement scolaire médiéval. L’apprentissage de la grammaire, de la rhétorique et de la dialectique (Trivium) s’accompagnait, d’une manière plus ou moins régulière, de celui des mathématiques, de la géométrie, de l’astronomie et de la musique, quatre sciences désignées sous le terme de Quadrivium.

À ces disciplines s’agrègent les recherches sur d’autres savoirs scientifiques du Moyen Âge, leur enseignement et leur diffusion :

  • l’astronomia, qui correspond en fait à la fois à l’astronomie et à l’astrologie, considérées comme deux faces complémentaires d’une même discipline (Jean-Patrice Boudet), à laquelle se raccrochent également le comput et le calendrier liturgiques (Jean-Baptiste Lebigue) ;
  • la musique, en particulier dans les rapports qu’elle entretient avec la rhétorique dans la culture médiévale, le contexte intellectuel et éducatif dans lequel les pièces chantées (cantus et répertoires de l’Ars antiqua des xiie-xiiie siècles) apparaissent, se développent, sont notées et théorisées (Jean-François Goudesenne, Guillaume Gross) ;
  • mais aussi la médecine, avec ses deux prolongements que sont la philosophie naturelle et l’enseignement de la pratique des soins (Iolanda Ventura) ;
  • la magie, la divination, ou encore l’ars notoria, figurée comme le couronnement et l’aboutissement des sciences (Jean-Patrice Boudet, Julien Véronèse).

Les projets en cours

Étude de la tradition manuscrite du recueil de pharmacopée salernitain du xiie siècle Circa instans (Iolanda Ventura).
Édition, en collaboration avec Florence Chave-Mahir, du Rituel d’exorcisme conservé dans le ms. Munich, B.S.B., Clm 10085 (xve siècle), dans lequel est intégré un texte de magie rituelle, le Vinculum Salomonis (Julien Véronèse).
Édition électronique des différentes traductions arabo-latines du xiie siècle du Centiloquium, célèbre recueil de cent sentences astrologiques attribuées à Ptolémée, ainsi que son commentaire par « Hali » (i.e. le savant arabe Ahmad ibn Yusūf) (Jean-Patrice Boudet).
Édition critique du Contra astrologos imperitos atque nigromanticos et du Contra demonum invocatores de Nicolas Eymerich (Julien Véronèse).
Étude de l’œuvre scientifique de Pierre d’Ailly et sa diffusion à partir de la fin du Grand Schisme (Jean-Patrice Boudet, Jean-Baptiste Lebigue).
Étude du lexique de la voix et du chant par comparaison entre les prescriptions liturgiques et cantorales, et les manuscrits à notations musicales (Jean-François Goudesenne, Guillaume Gross).

Documentation: 

L’institution du pôle des « Sciences du Quadrivium » à l’IRHT doit permettre également d’élargir la documentation disponible, notamment :

  • par la photographie numérique intégrale de manuscrits regardant à l’histoire des sciences dans les fonds reproduits par l’IRHT ;
  • par l’acquisition de reproductions (microfilms et fichiers numériques) d’exemplaires conservés dans les bibliothèques étrangères ;
  • et par la constitution d’une bibliothèque spécialisée en histoire des sciences.