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La prochaine réunion des Ymagiers aura lieu le lundi 12 avril 2010, à 17 h 30, à l’Institut de recherche et d’histoire des textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter, Frédéric Tixier, « “Vous adorez un Dieu de Pain ! 1”. Enjeux et polémiques autour de l’ostensoir à la Contre-Réforme ».
Apparu dans la seconde moitié du xiiie siècle, l’ostensoir, également appelé monstrance eucharistique ou « Porte-Dieu », est le réceptacle du Corpus Christi lors des différentes festivités en l’honneur du Saint-Sacrement (notamment au cours de l’adoration et de la procession de la Fête-Dieu). Ustensile majeur du mobilier liturgique, il est très rapidement crédité d’une importante aura protectrice, véritable moyen pour le fidèle d’accéder à Dieu et par conséquent, à son salut personnel. À partir du xvie siècle, les critiques menées par les réformateurs se concentrent sur les nombreux abus de l’Église, en particulier sur ceux en rapport avec le culte eucharistique. Martin Luther et Jean Calvin en tête voient dans les diverses manifestations dévotionnelles envers l’hostie consacrée des pratiques inutiles et idolâtres, empruntes de paganisme. Honnis par ces derniers mais exalté par le courant conservateur, l’ostensoir devient un emblème de la Contre-Réforme aux forts enjeux théologiques. À travers quelques exemples empruntés aux domaines de l’orfèvrerie, de l’enluminure ou encore de la gravure, cette conférence se propose d’étudier la place et les enjeux de cette pièce du mobilier liturgique dans le contexte troublé des années 1500. Il en résultera alors des rapports différents au Corpus Christi et plus encore, l’émergence d’une forme nouvelle de l’objet eucharistique : le « Soleil ».
Frédéric Tixier achève actuellement sa thèse de doctorat portant sur La monstrance eucharistique, du milieu du xiiie siècle aux environs de 1600 sous la direction de M. Jean-Pierre Caillet, à l’université de Paris Ouest – Nanterre La Défense. Après avoir passé quatre ans à l’Institut National d’Histoire de l’Art en tant que chargé d’études et de recherche, il est aujourd’hui attaché temporaire d’enseignement et de recherche au département Histoire de l’Art et Archéologie de l’université de Nantes où il enseigne l’iconographie médiévale. Ses recherches portent notamment sur l’orfèvrerie du Moyen Âge (l’Œuvre de Limoges), la question du faux et les collectionneurs d’objets médiévaux au xixe siècle.