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La prochaine réunion des
Ymagiers aura lieu le lundi 11 avril 2011,
à 17 h 30, à l’Institut de recherche et d’histoire des
textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter :
Nicole Deslandes
« Les fleurs dans
l’iconographie de la fin du Moyen Age. Une écriture symbolique
dans un paysage imaginaire »
Pour comprendre le sens symbolique de la flore dans les images
médiévales, il faut éviter d’y projeter nos savoirs et nos sensibilités
d’aujourd’hui. Il faut recourir aux savoirs médiévaux eux-mêmes, botaniques,
horticoles, lexicaux, étymologiques, religieux, historiques. Il faut également
adopter une démarche de type analogique, procédant par associations d’idées, et
rester fidèle aux modes de pensée propres au Moyen Age.
La flore des tapisseries constitue un champ d’enquêtes privilégié et un
répertoire structuré, organisé en système, qui obéit à des règles bien établies
et stables sur une longue période. L’étude d’un corpus de plus de trois cents
tapisseries, datées entre 1370 et 1520, montre que la flore y occupe une place
importante. Presque toutes les tapisseries sont concernées. Les fleurs peuvent
figurer dans toutes les zones du champ de l’image ainsi que dans les bordures.
Les imagiers disposent ainsi de surfaces étendues pour développer différents
réseaux de signes symboliques. Interpréter ces signes et ces réseaux dans les
tapisseries permet de mieux comprendre le sens de la flore symbolique sur
d’autres supports, notamment dans les marges des manuscrits enluminés et dans
les retables.
Par association de forme et de couleur avec d’autres éléments
iconographiques (gestuelle, vêtements, animaux par exemple), les fleurs des
tapisseries font partie d’un réseau de signes destinés à guider le spectateur
dans la lecture de l’image et de ses significations, parfois en liaison avec
d’éventuels textes tissés dans la tapisserie elle-même (phylactères,
écriteaux). Tous ces signes attestent l’unité de l’œuvre du Créateur.
L’étude portera sur l’examen de trois fleurs principales, le lis blanc,
la rose rouge et l’iris versicolore. Pour la symbolique médiévale, elles font
partie des choses d’en bas qui reflètent les choses d’en haut. Chacune a une
fonction et un sens spécifique au sein du paysage mental et imaginaire que
constitue cette triade.
Nicole
Deslandes, élève diplômée de l’École pratique des hautes études, consacre ses
recherches à l’iconographie de la fin du Moyen Âge, spécialement celles des
végétaux. Elle prépare actuellement un doctorat sous la direction de Michel
Pastoureau : La flore et le paysage imaginaire dans les images au temps des premiers
Valois.