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Les Ymagiers : L'énigmatique baie de la Sainte-Chapelle ou la Baie des rois très chrétiens. Conférence du 21 février 2011

Constantin ordonnant à Silvestre d'adorer une idole. Sainte-Chapelle de Paris, baie A, entre 1239 et 1248.

La prochaine réunion des
Ymagiers aura lieu le lundi 21 février
2011, à 17 h 30,
à l’Institut de recherche et d’histoire
des textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter :

Sophie
Lagabrielle

 « L'énigmatique
baie de la
Sainte-Chapelle ou la
Baie des rois très chrétiens »

Conçu comme un reliquaire monumental, la Sainte-Chapelle de
Paris (entre 1239 et 1248) est aussi un remarquable répertoire biblique. Les
quinze baies de la chapelle haute de la Sainte-Chapelle
participent à une vaste fresque de l’histoire du salut et de la vénération de
la couronne du Christ. Plus particulièrement, chaque baie de la nef est
consacrée à un livre de la Bible
(à moins qu’il ne s’agisse d’un ou des personnages de l’Ancien Testament).
Seule, la première baie, côté sud, dite baie A, selon le code adopté par
Louis Grodecki dans le Corpus Vitrearum, 1955, ne renvoie pas à l’Ancien
Testament.

Lors de la restauration de la vitrerie, entre 1848 et 1855, le baron
Guilhermy identifie dans cette baie des scènes de la découverte de la Vraie Croix par sainte
Hélène. Il reconnaît également des registres dédiés à la commande et à la
réception par Louis IX des reliques de la Passion dont l’achat est à
l’origine de la construction de la chapelle royale. Mais devant
l’incompréhension du reste du programme de la baie, il opte pour un
enrichissement de la légende de sainte Hélène, de Chosroès et d'Héraclius,
n’hésitant pas à supprimer et remplacer les panneaux de vitraux qui lui sont
obscurs. Louis Grodecki et Françoise Perrot se sont heurtés à la même énigme.

Or, fort opportunément, avant et pendant la restauration, l’équipe de
Steinheil a relevé en couleur dans des albums (de nos jours conservés à la Médiathèque du
Patrimoine), l’ensemble des panneaux de vitraux, maintenus en place, retirés
car inintelligibles, ou refaits. C’est grâce à l’étude détaillée de ces albums
que la baie a pu « parler ».

La baie A n’a pas reçu deux récits successifs mais trois. La conférence
tentera de montrer quels sont les trois personnages à laquelle elle était
successivement consacrée, de définir les épisodes qu'elle relate et de
comprendre, grâce à la lecture de ces différentes scènes et au dialogue
qu'elles entretiennent avec d'autres vitraux connus, le sens profond de cette
baie. Pour nous, elle devrait prendre le nom de Baie des Regum christianissimorum ou
Baie des rois très chrétiens
.

Sophie Lagabrielle est conservatrice
en chef au Musée national du Moyen Âge – Thermes et hôtel de Cluny (Paris).
Elle a été commissaire des expositions
De
Fresque en aquarelle (Musée des monuments français, 1994), Histoires
tissées (Palais des papes, Avignon, 1997), Pinceaux de lumière (Musée
de Cluny, 2006). Spécialiste de l’histoire du verre, elle est présidente de
l’association Verre et Histoire depuis 2005. Parmi ses travaux :
« Verrières
zénithales et musées (fin XVIIIe-fin du XIXe siècle) », colloque Albi,
1996 ;
« La verrerie au Moyen Âge, évolution d’une
technique » (Médiévales, 39, 2000) ; « Miroirs et
faiseurs de miroirs du Moyen Âge à la Renaissance », cat. d'exposition, Rouen,
2000 ;
« Les fenêtres des rois et des princes (XIVe-XVe
siècles) », colloque Paris-La Défense / Versailles, 2009 ; « Les
médaillons émaillés de la
Sainte-Chapelle », colloque Nancy, 2009 (à paraître).
En préparation : le catalogue des vitraux du musée de Cluny.

Conférence
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 21 Février, 2011 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Sophie Lagabrielle