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Programme « cartulaires »

Un cartulaire est un recueil de copies de ses propres
documents établi par une personne physique ou morale, qui, dans un
volume ou
plus rarement dans un rouleau, transcrit ou fait transcrire
intégralement ou
parfois en extraits, des titres relatifs à ses biens et à ses droits et
des
documents concernant son histoire ou son administration, pour en assurer
la
conservation et en faciliter la consultation [Définition extraite de : Vocabulaire
international de diplomatique
,
M. Cárcel Orti, éd., Valencia, 1994, p. 35-36].

La section de diplomatique et les cartulaires

La création de la section de diplomatique, au sein de l’Institut
de recherche et d’histoire des textes en 1942, entraîna le souhait très vif de
voir mis en œuvre un nouveau Répertoire
des cartulaires français
, l’ouvrage bien connu d’Henri Stein étant déjà
considéré comme perfectible. Parallèlement, les collaborateurs et
collaboratrices de la section partirent à la chasse aux manuscrits, établissant
régestes, notices descriptives et analyses de contenu. Dans les années
soixante, Jacqueline le Braz fit paraître dans le Bulletin de lIRHT un répertoire sommaire des cartulaires des
diocèses de Laon, Soissons et Châlons-sur-Marne ; mais c’est en 1965 que
fut réellement prise la décision de publier un répertoire des cartulaires
français. Comme le fameux répertoire des sources économiques et sociales, le
« Bautier-Sornay », prenait son essor et se consacrait aux archives
des principautés et aux archives seigneuriales de la Provence, du Comtat
Venaissin, du Dauphiné et de la Savoie, non moins qu’aux archives
ecclésiastiques de ces régions, Jean Glénisson, alors directeur de l’IRHT,
proposa que le nouveau répertoire des cartulaires traite de ces régions, du
Sud-Est. C’est ainsi que commença une entreprise dont les résultats furent
publiés en 2003. Deux nouveaux programmes ont pris la relève : la base de
données « Cartulaires » et la « typologie des cartulaires
médiévaux ».

 

La base de données « Cartulaires »

sous la direction de P. Bertrand

Édition en ligne de la base CartulR sur Telma : un répertoire en cours, évolutif, de plus de huit mille cinq
cents manuscrits, destiné à faire le point sur nos connaissances en matière de
cartulaires médiévaux et modernes, couvrant principalement l’espace français.
Ce répertoire se veut provisoire et se reconnaît sujet à amélioration,
amendements, corrections et additions.

Les structures de cette entreprise ont été jetées dès 2001. Elle
veut tout d’abord proposer un instrument scientifique sur trois niveaux. Le
premier, c’est le niveau de l’outil au service des recherches de la section de
diplomatique de l’IRHT, devant permettre à terme la gestion et la réunion des
données nécessaires à l’établissement de nouveaux répertoires de cartulaires à
l’image de celui couvrant le Sud-Est de la France. Le second niveau est le
niveau de l’information globale. La banque de données propre à la section sera
mise complètement à la disposition du public scientifique, mais uniquement sur
place, à l’IRHT, dans un premier temps. Sur l’Internet, la section de
diplomatique propose une version allégée, un « petit » répertoire des
cartulaires français en ligne, proposant un ensemble de données au faciès
similaire à celles de l’ouvrage d’Henri Stein ; mais aussi un répertoire
en devenir, destiné à s’accroître et à être corrigé, amendé, amélioré au fil
des années et des nouvelles enquêtes de l’IRHT. Le troisième niveau est celui
de l’utilisation diplomatique ou historique de nos données. Mises en séries,
classées, rapprochées, les milliers de notices de la base de données
permettront des traitements statistiques de tout type : diplomatique ou codicologie
quantitative, etc. La confrontation des notices permettra également, on s’en doute,
des enquêtes qualitatives.

 

Typologie des cartulaires médiévaux

Une réflexion ample s’impose sur les cartulaires médiévaux,
ne serait-ce que parce que définir son objet est un préalable à toute enquête -
sans compter que ces dernières années ont déjà amené une riche moisson en la
matière. Une typologie est-elle envisageable ? Sans aucun doute. Un
cartulaire du xiie s.
ne ressemble pas à un cartulaire du xviiie
s. ; et entre un cartulaire bénédictin du xiie
s. et un cartulaire d’ordre mendiant du xve
s., les différences sont marquantes, aussi bien pour la forme, l’aspect
extérieur que pour le fond, le contenu. Si un cartulaire ecclésiastique
ressemble de prime abord à un cartulaire municipal, des différences importantes
n’en sont pas moins à signaler, dans le contenu - ce ne sont pas les mêmes
types d’actes qui y sont copiés - ou dans la forme codicologique - en effet,
souvent, le registre de la municipalité ne contient pas qu’un cartulaire :
on y trouve des « pièces annexes » très particulières et dont la
singularité n’échappe à personne : statuts, textes de serments...Plusieurs axes
peuvent guider cette typologie : diachronique, institutionnel... et bien d’autres
peuvent être proposés : autant de façons d’envisager l’histoire. Complétée
d’une enquête historique, l’on pourra tirer de cette typologie, outre l’inscription
du genre dans le temps et dans l’espace, des conclusions historiques
fondamentales concernant les fonctions de ces cartulaires

De cette grande enquête sortira une publication dans la collection « Typologie des sources du Moyen Âge occidental » (éditions
Brepols).

 

Bibliographie

Bourlet,
C.
, « Les Cartulaires
municipaux du nord de la France
: quelques éléments pour une typologie
 ». Actes
de la journée d’étude sur
Les cartulaires urbains au Moyen Âge (xiiie-xve
siècles) tenue le samedi 9 décembre 2006
, Université du Québec à Montréal
(à paraître dans Memini, Montréal, 2009)

Bertrand, P., Bourlet, C., Hélary, X., « Vers une typologie des cartulaires
médiévaux », dans Les Cartulaires
méridionaux
, Actes du colloque
organisé à Béziers les 20 et 21 septembres 2002 par le Centre de recherche et
d’études mdiévales sur la
Méditerranée occidentale (E.A. 3764, Université Paul-Valéry –
Montpellier III)
Paris, Ecole nationale des Chartes, 2006, p. 7-20.

Bertrand, P., dir., CartulR
- Répertoire des cartulaires médiévaux et modernes
, Orléans, Institut de
Recherche et d’Histoire des Textes, 2006 (Ædilis, Publications scientifiques,
3). [En ligne]

Bertrand, P., « La base de données “Cartulaires” de la section de
diplomatique de l’IRHT », dans Le
Médiéviste et l
ordinateur, 42, 2003, p. 37-42. [En ligne

Bertrand, P., « La base de données “Cartulaires” de la
section de diplomatique de l’Institut de recherche et d’histoire des textes
(Orléans) et l’entreprise du Répertoire des Cartulaires français » dans Resourcing sources, K. Keats-Rohan, éd.,
Oxford, 2002 (Prosopographica et Genealogica, 7), p. 145-152.