La section de Codicologie,
histoire des bibliothèques et héraldique de l'IRHT organise un
séminaire-atelier consacré aux recherches en cours sur les
bibliothèques du haut Moyen Âge à la fin du XVIIIe siècle,
lieu de
rencontre des partenaires du projet BiblIFraM (Les
bibliothèques, matrices et
représentations des identités de la France médiévale) financé par
l'ANR.
La bibliothèque de la
Sorbonne, créée en 1257-1258 par Robert de Sorbon, a bénéficié dès ses débuts
de nombreux dons. La plupart des donateurs et leurs legs ont été étudiés, qu'il
s'agisse de Gérard d'Abbeville, de Pierre de Limoges ou d'Etienne d'Abbeville.
Ce n'est en revanche pas le cas de Godefroid de Fontaines, maître séculier
fameux, qui fit don d'une cinquantaine de manuscrits, à sa mort en 1306 (ou
1309) : seuls ses manuscrits philosophiques ont retenu l'attention. L'objet de
cette intervention est donc de réparer cette lacune, tout en insistant sur les
manuscrits au contenu plus pastoral, puisque Godefroid les a abondamment
travaillés (abrégés, notes, index).
Il s'agit de faire le point sur la parva Sorbona ou collège de Calvi. Cette
maison qui, selon les spécialistes, s'adresserait aux artiens désireux
d'obtenir leurs grades à la faculté des arts, est fort mal connue. Les rares
informations que l'on collecte sur ce collège sont partielles et font l'objet
d'interprétations contradictoires. On ignore le fonctionnement de ce collège et
les liens qu'entretenaient la « grande » et la « petite »
Sorbonne demeurent mal connus. Sans prétendre résoudre toutes les difficultés
posées par la rareté et le laconisme des sources portant sur la parva Sorbonna, cette intervention
entend, après avoir établi un bilan aussi exhaustif que possible sur la date et
les circonstances de la naissance de cette maison, en étudier la bibliothèque.
Le registre de prêt du collège de Sorbonne (1402-1536) a en effet fait l'objet
d'une édition magistrale en 2000 par Marie-Henriette Jullien de Pommerol qui
reprenait les travaux inachevés de Jeanne Vielliard. Or un dépouillement
systématique de ce registre permet de glaner un certain nombre d'informations
sur la bibliothèque de la parva Sorbona.
Ce sont ainsi les manuscrits, tout comme les modalités des prêts, qui
permettent de saisir un peu mieux les contours flous de la petite Sorbonne.