Les Ymagiers

Conférences d’iconographie médiévale

Cycle annuel de cinq conférences sur l’iconographie médiévale

Fondé en 1972 à l’initiative du Père dominicain Philippe-Martin Hubert
(1908-1976), le groupe des « Ymagiers » se proposait à l’origine de
réunir « de temps à autre » les quelques chercheurs qui, au CNRS,
à l’Université et dans les métiers de la conservation, s’intéressaient à « l’étude
des documents non écrits ». D’abord « amicales et informelles »,
ces réunions prirent un tour plus institutionnel à partir de 1976, lorsqu’elles
bénéficièrent de l’hospitalité de l’I.R.H.T. Sous l’impulsion de Gaston Duchet-Suchaux
puis de Michel Pastoureau, elles se spécialisèrent dans les questions d’iconographie
médiévale et contribuèrent à mieux faire connaître cette discipline.

À partir de 1999, une nouvelle équipe, animée par Claudia Rabel et Patricia
Stirnemann, ouvrit plus largement les séances, notamment vers le public étudiant,
et leur donna une assise et une périodicité plus stables. Désormais les « Ymagiers »
se réunissent cinq fois par an, d’octobre à juin, dans les locaux de l’IRHT
(40, avenue d’Iéna, 75116 Paris), pour entendre un orateur parler de ses recherches
récentes ou en cours. L’exposé est suivi d’une discussion générale. Chaque séance
dure environ deux heures et réunit de trente à cinquante personnes.

Si vous souhaitez recevoir les invitations aux Ymagiers par lettre
électronique, merci de le signaler à Claudia Rabel (IRHT) : rabel[arobase]cnrs-orleans.fr

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Informations pratiques: 
Salle Jeanne Vielliard
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Date validité actu: 
31 Décembre, 2015

Ymagiers : année 2010-2011

Conférences d’iconographie médiévale

Cycle de conférences sur l’iconographie
médiévale. Programme 2010-2011.

Programme 2010-2011 :

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date reprise: 
Lundi, 18 Octobre, 2010 - 17:30
Date séance: 
Lundi, 18 Octobre, 2010 - 17:30
Lundi, 13 Décembre, 2010 - 17:30
Lundi, 21 Février, 2011 - 17:30
Lundi, 11 Avril, 2011 - 17:30
Lundi, 6 Juin, 2011 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Lieu: 

IRHT, Centre Félix-Grat, salle Jeanne Vielliard

Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau (EPHE)
Date validité actu: 
1 Octobre, 2011

Les Ymagiers : La mise en scène littéraire des imperfections du parchemin (XIIIe-XIVe s.). Conférence du 18 octobre 2010

"Li Contes dou roi Flore et de la bielle Jehane". Paris, BNF, fr. 24430, f. 171v (cl. auteur)

La prochaine conférence des Ymagiers aura lieu le lundi 18 octobre 2010, à 17 h 30, à l’Institut de
recherche et d’histoire des textes (40, avenue d’Iéna,
75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard :

Nancy Vine Durling

"La mise en scène littéraire des imperfections du
parchemin (XIIIe-XIVe s.)"

Les années 1980 ont vu un intérêt croissant pour les pratiques de
lecture chez le public laïc aux XIIIe et XIVe siècles,
intérêt qui concerne surtout la relation du lecteur avec le support matériel.
Les traces physiques laissées par ces lecteurs, les effacements ou les coupures
affectant des images qui auraient suscité soit une révérence enthousiaste
(telles les images du Christ, embrassées de façon répétitive par les fidèles au
cours de la messe), soit une répugnance violente (l’effacement, voire la
destruction d’une image perçue comme obscène), sont des phénomènes bien
étudiés, notamment dans de nombreux ouvrages du regretté Michael Camille et dans
les études récentes de Gil Bartholeyns, Pierre-Olivier Dittmar et Vincent
Jolivet.

D’autres pistes de recherche restent à explorer. En effet, la grande
majorité des manuscrits contenant des œuvres vernaculaires sont de qualité
médiocre, leur parchemin présentant de nombreuses imperfections. Or il apparaît
que ce sont justement ces imperfections du support qui ont été parfois
exploitées par les scribes de manière subtile pour produire du sens. Il semble
bien qu’ils voyaient dans les trous et dans les déchirures qui défiguraient une
page un moyen d’"illustrer" leur texte. Cette conférence propose
d’étudier ces rapports signifiants entre imperfections du parchemin et textes,
puis entre textes et lecteurs, au travers d’exemples tirés de manuscrits des
XIIIe et XIVe siècles conservés à la Bibliothèque
nationale de France.

Présentation du conférencier :

Nancy Vine
Durling (Ph.D. Princeton University) a enseigné aux États-Unis à l’Université
de Californie (Santa Cruz), à la Florida Atlantic University (Boca Raton) et comme
Visiting Professor à l’Université d’Oregon et à l’Université de Californie
(Berkeley). Elle a traduit en anglais la
Vie de saint Alexis et, en collaboration avec Patricia Terry,
Guillaume de Dole de Jean Renart ainsi qu’une version du Conte du Graal et de
ses continuations. Ses recherches actuelles portent sur les pratiques des
scribes et des lecteurs de littérature vernaculaire aux XIIIe et XIVe
siècles.

 


Actif
Conférence
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 18 Octobre, 2010 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Nancy Vine Durling
Date validité actu: 
30 Septembre, 2011

Les Ymagiers : Le Livre d’heures de Dom Duarte (vers 1410-1420). Conférence du 13 décembre 2010

Maria gravida. Heures de D. Duarte, Lisbonne, Arquivo Nacional de Torre do Tombo, ms. C.F. 140, f. 144v

La prochaine conférence des Ymagiers aura lieu le lundi 13 décembre 2010, à 17 h 30, à l’Institut de
recherche et d’histoire des textes (40, avenue d’Iéna,
75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d'écouter :

Ana Lemos

« Le Livre d’heures de Dom Duarte
(vers 1410-1420). Échanges artistiques entre Paris et Bruges au début du XVe

siècle »

Au début du XVe siècle, la présence des cours princières a
favorisé à Paris, en Bourgogne et en Flandre une activité artistique
exceptionnelle dont témoignent, entre autres œuvres d’art, les nombreux
manuscrits enluminés parvenus jusqu’à nous. Leur étude doit tenir compte de la
grande mobilité des artistes durant cette période et des échanges de modèles
fréquents entre les ateliers. Au Portugal, à la même époque, l’avènement de la
dynastie d’Aviz, inaugurée par le règne de Jean Ier
(1385-1433), est également marqué par une grande effervescence intellectuelle.
Celle-ci s’accompagne d’une demande de manuscrits enluminés d’origine flamande.

Le Livre d’heures de Dom Duarte, Infant de Portugal, en constitue
un exemple (Lisbonne, Arquivo Nacional de Torre do Tombo, ms. C.F. 140). Il
s’agit d’un manuscrit flamand, complété plus tard au Portugal, dont les
vingt-quatre miniatures appartiennent à la prolifique production du groupe dit
du Maître aux rinceaux d’or, actif à Bruges pendant la première moitié
du XVe siècle. Ces miniatures présentent des relations étroites avec
l’enluminure parisienne du début de ce siècle, en particulier avec des œuvres
issues des ateliers du Maître de Boucicaut et du Maître de la Mazarine. Parmi ces
dernières, une importance particulière revient au livre d’heures Paris, BNF,
lat. 10538, sans doute une commande bourguignonne que Philippe le Bon fit compléter
par des miniatures exécutées dans le style aux rinceaux d’or.

La présentation des Heures de Dom Duarte s’attachera à mettre en
lumière ces différentes relations. Elles nous éclairent sur la circulation des
artistes et l’utilisation par des enlumineurs brugeois de nouveautés
stylistiques et iconographiques originaires de Paris.

Présentation de la conférencière :

Ana Lemos a étudié l’histoire de l’art aux universités de Paris IV
– Sorbonne et de Lisbonne, où elle enseigne depuis 2009 à l’Université
Nouvelle. Spécialiste de l’enluminure et de l’iconographie médiévale, elle
collabore depuis 2006 à un projet d’étude pluridisciplinaire sur la couleur
dans l’enluminure médiévale portugaise. Elle participe régulièrement à des
colloques et publie des articles dans son domaine de recherche. Ses travaux en
cours dans le cadre d’une thèse de doctorat portent sur les livres d’heures
conservés au Portugal.

Actif
Conférence
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 13 Décembre, 2010 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Ana Lemos
Date validité actu: 
30 Septembre, 2011

Les Ymagiers : L'énigmatique baie de la Sainte-Chapelle ou la Baie des rois très chrétiens. Conférence du 21 février 2011

Constantin ordonnant à Silvestre d'adorer une idole. Sainte-Chapelle de Paris, baie A, entre 1239 et 1248.

La prochaine réunion des
Ymagiers aura lieu le lundi 21 février
2011, à 17 h 30,
à l’Institut de recherche et d’histoire
des textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter :

Sophie
Lagabrielle

 « L'énigmatique
baie de la
Sainte-Chapelle ou la
Baie des rois très chrétiens »

Conçu comme un reliquaire monumental, la Sainte-Chapelle de
Paris (entre 1239 et 1248) est aussi un remarquable répertoire biblique. Les
quinze baies de la chapelle haute de la Sainte-Chapelle
participent à une vaste fresque de l’histoire du salut et de la vénération de
la couronne du Christ. Plus particulièrement, chaque baie de la nef est
consacrée à un livre de la Bible
(à moins qu’il ne s’agisse d’un ou des personnages de l’Ancien Testament).
Seule, la première baie, côté sud, dite baie A, selon le code adopté par
Louis Grodecki dans le Corpus Vitrearum, 1955, ne renvoie pas à l’Ancien
Testament.

Lors de la restauration de la vitrerie, entre 1848 et 1855, le baron
Guilhermy identifie dans cette baie des scènes de la découverte de la Vraie Croix par sainte
Hélène. Il reconnaît également des registres dédiés à la commande et à la
réception par Louis IX des reliques de la Passion dont l’achat est à
l’origine de la construction de la chapelle royale. Mais devant
l’incompréhension du reste du programme de la baie, il opte pour un
enrichissement de la légende de sainte Hélène, de Chosroès et d'Héraclius,
n’hésitant pas à supprimer et remplacer les panneaux de vitraux qui lui sont
obscurs. Louis Grodecki et Françoise Perrot se sont heurtés à la même énigme.

Or, fort opportunément, avant et pendant la restauration, l’équipe de
Steinheil a relevé en couleur dans des albums (de nos jours conservés à la Médiathèque du
Patrimoine), l’ensemble des panneaux de vitraux, maintenus en place, retirés
car inintelligibles, ou refaits. C’est grâce à l’étude détaillée de ces albums
que la baie a pu « parler ».

La baie A n’a pas reçu deux récits successifs mais trois. La conférence
tentera de montrer quels sont les trois personnages à laquelle elle était
successivement consacrée, de définir les épisodes qu'elle relate et de
comprendre, grâce à la lecture de ces différentes scènes et au dialogue
qu'elles entretiennent avec d'autres vitraux connus, le sens profond de cette
baie. Pour nous, elle devrait prendre le nom de Baie des Regum christianissimorum ou
Baie des rois très chrétiens
.

Sophie Lagabrielle est conservatrice
en chef au Musée national du Moyen Âge – Thermes et hôtel de Cluny (Paris).
Elle a été commissaire des expositions
De
Fresque en aquarelle (Musée des monuments français, 1994), Histoires
tissées (Palais des papes, Avignon, 1997), Pinceaux de lumière (Musée
de Cluny, 2006). Spécialiste de l’histoire du verre, elle est présidente de
l’association Verre et Histoire depuis 2005. Parmi ses travaux :
« Verrières
zénithales et musées (fin XVIIIe-fin du XIXe siècle) », colloque Albi,
1996 ;
« La verrerie au Moyen Âge, évolution d’une
technique » (Médiévales, 39, 2000) ; « Miroirs et
faiseurs de miroirs du Moyen Âge à la Renaissance », cat. d'exposition, Rouen,
2000 ;
« Les fenêtres des rois et des princes (XIVe-XVe
siècles) », colloque Paris-La Défense / Versailles, 2009 ; « Les
médaillons émaillés de la
Sainte-Chapelle », colloque Nancy, 2009 (à paraître).
En préparation : le catalogue des vitraux du musée de Cluny.

Actif
Conférence
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 21 Février, 2011 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Sophie Lagabrielle
Date validité actu: 
28 Février, 2011

Ymagiers : année 2011-2012

Conférences d’iconographie médiévale

Cycle de conférences sur l'iconographie médiévale. Programme 2011-2012.

Programme 2011-2012 :

  • 17 octobre 2011 : Claudia Rabel, L’athlète de Dieu : La vie de saint Quentin
    illustrée vers 1100 dans le manuscrit de l’Authentique (Saint-Quentin,
    Basilique, ms. 1, déposé à la
    Bibliothèque municipale)
  • 12 décembre 2011 : Béatrice de Chancel-Bardelot, Iconographie du musée des Monuments français de
    1795 à la Restauration :
    Réflexion sur les documents conservés
  • 6 février 2012 : Maud Pérez-Simon, Entre paganisme et christianisme, le goût de la merveille : l'Ovide moralisé de Louis de Bruges (Paris, BnF, ms. fr. 137)
  • 2 avril 2012 : Pierre-Olivier Dittmar, L'image domestique : l'exemple des plafonds
    peints de la fin du Moyen Âge
  • 18 juin 2012 : Marc Gil, L'art en lices. Les peintures du Maître
    de Rambures dans le Songe de Pestilence d'Henri de Ferrières (Paris, Bibliothèque
    de l'Arsenal, ms. 3080)
Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 17 Octobre, 2011 - 17:30
Lundi, 12 Décembre, 2011 - 17:30
Lundi, 6 Février, 2012 - 17:30
Lundi, 2 Avril, 2012 - 17:30
Lundi, 18 Juin, 2012 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Lieu: 

IRHT, Centre Félix-Grat, salle Jeanne Vielliard

Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau (EPHE)
Date validité actu: 
1 Octobre, 2012

Les Ymagiers : Iconographie du musée des Monuments français de 1795 à la Restauration

Charles Percier, Tombeau du roi Dagobert à Saint-Denis (vers 1793-1794). Album Villain. Compiègne, Bibl. mun.

La prochaine réunion des Ymagiers aura
lieu le lundi 12 décembre 2011, à
17 h 30,
à l’Institut de recherche et d’histoire des
textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter :

Béatrice de Chancel, « Iconographie du
musée des Monuments français de 1795 à la Restauration : Réflexion sur les documents conservés ».

Le musée des Monuments français a été créé par Alexandre Lenoir en 1795,
dans les locaux du dépôt d'œuvres d'art des Petits-Augustins à Paris, dont il
avait la garde. Ce musée a rencontré un immense succès populaire, qui s'est
traduit par de nombreuses descriptions et commentaires et par une iconographie
abondante. Alexandre Lenoir, lui-même peintre et dessinateur, y a contribué,
mais il a aussi fait appel à des architectes, comme Charles Percier, ou à des
artistes, tel Hubert Robert ou Lubin Vauzelle. Il a également mis en chantier
un catalogue illustré de gravures. A la suite de la suppression du musée, en
1816, deux grandes entreprises éditoriales ont célébré le souvenir des salles
du musée et du jardin Élysée qui le jouxtait, celle de Réville et Lavallée, en
1816, puis celle de Biet et Brès, en 1821.

Allant de la fidélité quasi photographique au « pot-pourri »
d'œuvres, de l'inventivité muséographique à la peinture troubadour,
l'iconographie du musée des Monuments français mérite d'être analysée avec
attention.

Béatrice de Chancel-Bardelot,
conservateur en chef du patrimoine, a travaillé dans plusieurs musées, à Paris
(musée du Louvre, département des Sculptures) et en province (Angers, Bourges,
dont elle a dirigé les musées de la ville). Elle s'intéresse à la sculpture de
la fin du Moyen Âge, en particulier à la Vierge de pitié. En 2008 elle a publié aux
éditions Faton un
Dictionnaire
de la cathédrale de Bourges. Depuis 2010, elle est pensionnaire à l’Institut
national d’histoire de l’art. Elle y est en charge du programme de recherches, mené
en collaboration avec le Louvre, consacré au musée des Monuments français
d’Alexandre Lenoir, histoire et collections.

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 12 Décembre, 2011 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Béatrice de Chancel-Bardelot
Date validité actu: 
30 Septembre, 2012

Les Ymagiers : L'Ovide moralisé de Louis de Bruges (Paris, BnF, ms. fr. 137). Conférence du 6 février 2012

Héro et Léandre. Ovide moralisé de L. de Bruges, avant 1480. Paris, BnF, fr. 137, f. 52.

La prochaine réunion des Ymagiers aura lieu le lundi 6 février 2012, à 17 h 30, à l’Institut de recherche et d’histoire des textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter :

Maud Pérez-Simon

« Entre paganisme et christianisme, le goût de la merveille : l'Ovide moralisé de Louis de Bruges (Paris, BnF, ms. fr. 137) »

Avec son chatoyant mélange d'images frontispices, de miniatures et de lettrines en grisailles, le BnF fr. 137 est le plus séduisant de tous les manuscrits de l'Ovide Moralisé en prose. Il est aussi de loin le plus intéressant pour l'analyse des relations texte-image. Le programme iconographique est rétif à l'analyse car les 119 miniatures du manuscrit accompagnent le texte avec une certaine irrégularité qu'il faut chercher à déchiffrer. Une telle étude nous permet d'avoir accès à la réception dont a fait l'objet ce texte auprès du lecteur qu'était Louis de Bruges. Une comparaison avec les manuscrits de l'Ovide moralisé en vers de Rouen et avec les manuscrits en prose de Cambridge et de la British Library nous offre une fenêtre sur la conception d'un programme iconographique pour un texte dont le statut reste à définir, entre didactisme et goût pour le merveilleux, entre christianisme et paganisme.

Le texte a été modifié lors du passage à la prose, mais aussi lors de la copie de ce manuscrit particulier. Ces choix d'écriture peuvent être liés directement au programme iconographique, d'une grande fidélité au texte et d'une réelle inventivité dans les solutions iconographiques choisies. Le BnF fr. 137 nous offre la version profane d'un texte originellement conçu pour la moralisation chrétienne d'Ovide.

Maud Pérez-Simon, Maître de Conférences à l'Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris 3), a consacré sa thèse de doctorat aux rapports texte-image dans la littérature médiévale, et plus particulièrement dans les manuscrits du Roman d'Alexandre en prose. Depuis, elle a travaillé sur les Cent Nouvelles Nouvelles et sur l'Ovide Moralisé mais aussi sur la peinture contemporaine et sur la rhétorique visuelle dans les images publicitaires. Elle se consacre actuellement à deux travaux en collaboration : la rédaction d'un manuel pour l'analyse d'images destiné aux étudiants littéraires (avec Sébastien Douchet) et la traduction du Livre des monstres (avec Pierre-Olivier Dittmar). Son livre Mise en roman, mise en image. Les manuscrits du 'Roman d'Alexandre en prose' paraîtra en 2012 aux éditions Champion.

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 6 Février, 2012 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Maud Pérez-Simon
Date validité actu: 
30 Septembre, 2012

Les Ymagiers : « L’athlète de Dieu ». La vie de saint Quentin illustrée vers 1100 dans l’Authentique (Saint-Quentin, Basilique, ms. 1)

Saint Quentin soumis au supplice du vinaigre. Saint-Quentin, Basilique, ms. 1 (déposé à la Bibl. mun.), p. 34

La prochaine réunion des Ymagiers aura
lieu le lundi 17 octobre 2011, à
17 h 30,
à l’Institut de recherche et d’histoire des
textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter :

Claudia Rabel

« "L’athlète de Dieu". La vie de saint Quentin
illustrée vers 1100 dans l’Authentique(Saint-Quentin, Basilique, ms.
1) »

La passion de saint Quentin est relatée dans un manuscrit enluminé vers
1100 qui appartient encore aujourd’hui à l’ancienne collégiale, érigée
au-dessus du tombeau du martyr dans la ville qui porte son nom. Désigné depuis
toujours comme l’Authentique, ce recueil hagiographique est un objet
emblématique de l’histoire locale. Ses textes et les vingt-quatre miniatures
illustrant la Passio
affirment avec force que, dès leurs origines, l’Eglise et la ville de
Saint-Quentin furent favorisées par la providence divine. Comparée aux autres
vies de saint illustrées à l’époque romane, celle de Quentin, fils de sénateur
venu à la fin du IIIe siècle de Rome pour évangéliser la Gaule, est pourtant
stéréotypée et pauvre en exploits. Pour promouvoir son culte, il fallait
accentuer le christomimétisme du saint, en montrant à quel point il vécut sa
brève vie et surtout sa passion à l’image du Christ.

Le cycle d’images, accompagné de tituli, vient à l’appui du texte
dans lequel il s’insère et dont il livre parfois une interprétation propre.
L’artiste insiste avec une profusion de détails étonnante sur le long martyre
de Quentin et sur ses tortures toujours plus cruelles face à un inique préfet
romain. Le luxe du décor enluminé rappelle celui des livres d’évangiles de
l’époque carolingienne. L’iconographie tout comme certains éléments
stylistiques font également penser à un modèle plus ancien, dont la nature est
étroitement liée à la question du destinataire originel du manuscrit.

Claudia Rabel, ingénieure de
recherche à l’Institut de recherche et d’histoire des textes (CNRS), est
spécialiste de l’enluminure et de l’iconographie médiévales. Elle s’intéresse
en particulier à la représentation de l’Antiquité dans l’art du Moyen Âge et à
l’iconographie des Carmes. Elle a dirigé avec Jean-Marie Guillouët la
publication des journées d’études sur
Le
Programme : une notion pertinente en histoire de l’art médiéval ?
(Paris, Léopard d’or, 2010). En collaboration avec Hélène Millet elle vient de
publier
La Vierge
au manteau du Puy-en-Velay. Un chef-d’œuvre du gothique international (vers
1400-1410) (Lyon, Fage Editions, 2011).

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 17 Octobre, 2011 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants IRHT: 
Date validité actu: 
30 Septembre, 2012

Les Ymagiers. L’image domestique : l’exemple des plafonds peints à la fin du Moyen Âge

Couple. Hôtel de Brignac, Montagnac (Hérault), poutre 3, face A, c.13, vers 1450

La prochaine réunion des Ymagiers aura
lieu le lundi 2 avril 2012, à
17 h 30,
à l’Institut de recherche et d’histoire des
textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter:

Pierre-Olivier Dittmar

« L’image domestique: l’exemple des plafonds peints à la fin du
Moyen Âge »

Au
cours des dernières années, une série de découvertes a conduit à repenser
largement la place des images dans l’espace domestique au Moyen Âge. Sous les
faux plafonds, les badigeons ou la suie qui s’était accumulée au cours des
siècles, ce sont des centaines d’images nouvelles qui sont apparues, tantôt
simples, tantôt raffinées, mais presque toujours déroutantes pour l’historien.
Situées sur les marges des catégories ordinaires de l’histoire de l’art et de
l’iconographie, ces images résistent largement à l’interprétation ; pour
autant, on ne saurait les considérer comme de pures créations fantaisistes dans
la mesure où l’analyse attentive de ces espaces met au jour de savantes
organisations.

A
partir d’un ensemble de plafonds languedociens des années 1450-1500, nous
montrerons l’intérêt de ce corpus pour analyser l’appropriation de l’image par
des milieux toujours plus diversifiés à la fin du Moyen Âge, mais aussi les
stratégies identitaires, les valeurs et les préoccupations des hommes et des
femmes qui habitaient entourés de ces représentations.

Ingénieur à l'EHESS (GAHOM) depuis 2008, membre des comités de rédaction de Images Re-vues, Culture Visuelle et Techniques et Cultures, Pierre-Olivier Dittmar a soutenu une thèse à lEHESS sur le thème Naissance de la bestialité. Une anthropologie du rapport homme-animal dans les années 1300 (Prix de la meilleure thèse de lEHESS 2010). Il a par ailleurs co-écrit Image et transgression au Moyen Âge (PUF, 2008), dirigé ou co-dirigé Adam et l'astragale. Essais d'anthropologie et d'histoire sur les limites de l'humain (MSH, 2009), un numéro d’Images Re-vues consacré au Devenir-animal (n°6, 2009, http://imagesrevues.revues.org/88) ainsi que Faire l'anthropologie historique du Moyen Age (ACRH, 2010 ; http://acrh.revues.org/index1911.html). Avec Jérôme Baschet et Jean-Claude Bonne, il rédige en ce moment un ouvrage intitulé :Iter’ et ‘locus’. Lieu rituel et agencement du décor sculpté.

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 2 Avril, 2012 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Pierre-Olivier Dittmar
Date validité actu: 
30 Septembre, 2012

Les Ymagiers : Les fleurs dans l’iconographie de la fin du Moyen Age. Conférence du 11 avril 2011

Le cavalier du 3e sceau. Tapisserie de l'Apocalypse, Paris, fin 14e s. Angers, musée du Château

La prochaine réunion des
Ymagiers aura lieu le lundi 11 avril 2011,
à 17 h 30,
à l’Institut de recherche et d’histoire des
textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter :

Nicole Deslandes

« Les fleurs dans
l’iconographie de la fin du Moyen Age. Une écriture symbolique
dans un paysage imaginaire »

Pour comprendre le sens symbolique de la flore dans les images
médiévales, il faut éviter d’y projeter nos savoirs et nos sensibilités
d’aujourd’hui. Il faut recourir aux savoirs médiévaux eux-mêmes, botaniques,
horticoles, lexicaux, étymologiques, religieux, historiques. Il faut également
adopter une démarche de type analogique, procédant par associations d’idées, et
rester fidèle aux modes de pensée propres au Moyen Age.

La flore des tapisseries constitue un champ d’enquêtes privilégié et un
répertoire structuré, organisé en système, qui obéit à des règles bien établies
et stables sur une longue période. L’étude d’un corpus de plus de trois cents
tapisseries, datées entre 1370 et 1520, montre que la flore y occupe une place
importante. Presque toutes les tapisseries sont concernées. Les fleurs peuvent
figurer dans toutes les zones du champ de l’image ainsi que dans les bordures.
Les imagiers disposent ainsi de surfaces étendues pour développer différents
réseaux de signes symboliques. Interpréter ces signes et ces réseaux dans les
tapisseries permet de mieux comprendre le sens de la flore symbolique sur
d’autres supports, notamment dans les marges des manuscrits enluminés et dans
les retables.

Par association de forme et de couleur avec d’autres éléments
iconographiques (gestuelle, vêtements, animaux par exemple), les fleurs des
tapisseries font partie d’un réseau de signes destinés à guider le spectateur
dans la lecture de l’image et de ses significations, parfois en liaison avec
d’éventuels textes tissés dans la tapisserie elle-même (phylactères,
écriteaux). Tous ces signes attestent l’unité de l’œuvre du Créateur.

L’étude portera sur l’examen de trois fleurs principales, le lis blanc,
la rose rouge et l’iris versicolore. Pour la symbolique médiévale, elles font
partie des choses d’en bas qui reflètent les choses d’en haut. Chacune a une
fonction et un sens spécifique au sein du paysage mental et imaginaire que
constitue cette triade.

Nicole
Deslandes, élève diplômée de l’École pratique des hautes études, consacre ses
recherches à l’iconographie de la fin du Moyen Âge, spécialement celles des
végétaux. Elle prépare actuellement un doctorat sous la direction de Michel
Pastoureau :
La flore et le paysage imaginaire dans les images au temps des premiers
Valois.

Actif
Conférence
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 11 Avril, 2011 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Nicole Deslandes
Date validité actu: 
30 Septembre, 2011

Les Ymagiers : Un poème à la gloire de Louis XII, « La Complainte de Gènes sur la mort de Thomassine Espinolle ». Conférence du 6 juin 2011

Thomassine Spinola regardant s’éloigner le navire de Louis XII. Montpellier, Bibl.de la Faculté de médecine, H. 439, f. 1.

La prochaine réunion des
Ymagiers aura lieu le lundi 6 juin 2011,
à 17 h 30,
à l’Institut de recherche et d’histoire des
textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter :

 Béatrice
Beys

 « Un poème à la
gloire de Louis XII :

La Complainte de Gènes sur la mort de
Thomassine Espinolle

(Montpellier,
bibliothèque de la Faculté
de médecine, H. 439) »

Vers 1505, Jean d’Auton, chroniqueur officiel du règne de
Louis XII, composa La
Complainte
de Gênes sur la mort de Thomassine Espinole.
L’héroïne de ce poème est une noble dame de Gênes, Thomassine Spinola. Elle
aurait choisi, en 1502, comme « amant de cœur » le roi de France, qui
séjournait alors dans sa ville. En 1505 Louis XII tomba gravement malade
et une rumeur le fit passer pour mort. Désespérée, Thomassine Spinola se serait
retirée dans une chambre obscure où une fièvre ardente l’aurait consumée en
moins de huit jours. Ému par le décès de son « amante de cœur »,
Louis XII aurait alors commandé à Jean d’Auton un poème commémorant sa
disparition.

Trois copies enluminées en ont été conservées, chacune pourvue de trois
miniatures. Elles illustrent successivement un sentiment, un décès et un deuil
improbables mais érigés en événement, et à ce titre insérés dans les chroniques
du règne de Louis XII. L’exemplaire du roi est vraisemblablement le
français 1694 de la
Bibliothèque nationale de France, et non pas le manuscrit
H 439 de la bibliothèque de la faculté de Montpellier comme le pensait au
milieu du XIXe siècle l’éditeur du poème, Henri-Marcel Kühnholtz.
Bien que d’une qualité plus modeste, les miniatures du manuscrit montpelliérain
méritent cependant d’être connues. Elles offrent en effet un échantillon de la
production enluminée française des années 1500, souvent oubliée des historiens
de l’art. Replacé dans son contexte, le manuscrit H. 439 permet de mieux
connaître la production littéraire, artistique et politique d’un milieu curial
à l’aube des temps modernes.

 Béatrice Beys
enseigne comme Prce dans le Département d’histoire de l’art et archéologie de
l’université de Montpellier III, où elle a soutenu en 2005 sa thèse sur
L’hommage du livre à la cour
de France (1200-1540). Approche culturelle, artistique et politique. Elle poursuit
ses recherches sur les manuscrits présentés aux rois de France, en
s’intéressant plus particulièrement à l’image des lettrés, à travers leurs
livres dédicacés au souverain ; voir en dernier lieu 
: « Une
carrière en image : scènes de dédicace et emblèmes dans l’œuvre de Claude
de Seyssel (1504-1519)
 », dans les actes du colloque Autour de
Claude de Seyssel (c. 1450-1520). Écrire l’histoire, penser le politique en
France à l’aube des temps modernes, Rennes, 2010, p. 235-244. Depuis 2006
elle est également chercheure associée à l’UMR 5594 (ARTeHIS, Université de
Bourgogne).

Actif
Conférence
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 6 Juin, 2011 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Béatrice Beys
Date validité actu: 
30 Septembre, 2011

Ymagiers : année 2009-2010

Cycle de conférences sur l’iconographie médiévale.

Programme 2009-2010

Actif
Conférence
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date reprise: 
Lundi, 12 Octobre, 2009 - 17:30
Date séance: 
Lundi, 8 Février, 2010 - 17:30
Lundi, 12 Avril, 2010 - 17:30
Lundi, 14 Juin, 2010 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Date validité actu: 
1 Octobre, 2010

Les Ymagiers : L’Avis aux roys. Conférence du 12 octobre 2009

Le roi, tête du corps social. L’Avis aux roys Paris, milieu du XIVe s. New York, Pierpont Morgan Library, ms. M.456, f. 5

L’Avis aux roys. Le programme iconographique d’un miroir des princes (New York, Pierpont Morgan Library, ms. M. 456, milieu du xive s.). Conférence de Julien Lepot le 12 octobre 2009, 17h30, à l’IRHT, Paris, 40 avenue d’Iéna.

L’Avis aux roys est un texte du milieu du xive siècle, composé en français à l’intention d’un prince de la famille du roi de France. Aucune étude approfondie n’a été entreprise sur cette œuvre trop longtemps assimilée à une traduction française du De regimine principum de Gilles de Rome. L’Avis aux roys est conservé dans au moins quatre manuscrits et a le privilège d’avoir été enluminé d’une façon remarquable et exceptionnellement abondante dans le plus ancien d’entre eux, le manuscrit M. 456 de la Pierpont Morgan Library de New York. Des zones d’ombre persistent sur son origine et les raisons de son élaboration. On observe cependant que ce codex est doté d’un programme iconographique qui vient renforcer la dimension pédagogique d’un texte copié et enluminé avec le plus grand soin. Il s’agit pour le(s) commanditaire(s) d’optimiser voire d’exacerber le caractère didactique de l’Avis aux roys.

Une fois la tradition stylistique établie, la conférence tentera de déterminer le rôle exact que joue le programme iconographique ainsi que la place qu’il tient dans le projet didactique. Une meilleure compréhension de la nature de cette entreprise permettra de mieux souligner les préoccupations des artistes et commanditaire(s), mais aussi de mieux déceler les éventuelles particularités et originalités iconographiques qui pourraient permettre à ce manuscrit exceptionnel de sortir d’un anonymat immérité.

Présentation du conférencier

Julien Lepot vient de commencer sa thèse de doctorat dans l’équipe du laboratoire SAVOURS de l’Université d’Orléans, sous la direction de Jean-Patrice Boudet. Il s’agit de l’étude approfondie et de l’édition critique de l’Avis aux roys, miroir des princes dont le principal manuscrit sera présenté aux Ymagiers. À terme, ce texte ainsi que son plus beau support, le manuscrit de New York, méritent une édition critique et en fac-similé.

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 12 Octobre, 2009 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Julien Lepot

Les Ymagiers (séance du 14 déc. 2009) : La légende de Tristan en Allemagne du Nord : Les broderies de Wienhausen (vers 1310-1320)

Combat de Tristan contre le dragon. Broderie de Tristan. Wienhausen (Basse-Saxe), vers 1310-1320

La prochaine réunion des Ymagiers aura lieu le lundi 14 décembre 2009, à 17 h 30, à l’Institut de recherche et d’histoire des textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter : Michel Pastoureau, « La légende de Tristan en Allemagne du Nord : Les broderies de Wienhausen (vers 1310-1320) ».

Fondée en 1229, l’abbaye cistercienne de Wienhausen, en Basse-Saxe, devint rapidement une des plus importantes d’Allemagne du Nord. Vers 1300, elle abritait plus de cent moniales, dont une des activités principales était le travail de broderie. Passée à la Réforme vers 1530, les bâtiments sont aujourd’hui occupés par une communauté de chanoinesses protestantes et abritent un petit musée riche en objets de la fin du Moyen Âge, dont un ensemble de broderies des xive et xve siècles unique en Allemagne.

Parmi les pièces à sujet profane figurent trois fragments racontant l’histoire de Tristan et Yseut. La conférence portera sur la broderie la mieux conservée, réalisée vers 1310-1320 et fidèle au texte du Tristrant d’Eilhart von Oberg (vers 1175). Découpée en sept registres horizontaux, elle fait alterner le début de l’histoire (depuis le combat contre le Morholt jusqu’à l’épisode du philtre d’amour) et un armorial des grandes familles saxonnes. On s’attachera surtout à étudier les rapports entre le récit d’Eilhart et les épisodes retenus par la broderie, le découpage des scènes, le rythme chromatique, les effets d’empiètement et de chevauchement, ainsi que le rôle du texte en moyen-bas-allemand servant de « rubrique ». D’une manière plus générale, on s’interrogera sur la place des légendes profanes dans les abbayes de moniales et sur le rôle joué par les broderies dans toute l’Europe du Nord.

Présentation du conférencier

Michel Pastoureau est directeur d’études à l’École pratique des hautes études. Spécialiste de l’histoire des couleurs, des images et des symboles, il s’est toujours intéressé à la légende arthurienne et a montré dans plusieurs études comment Tristan était le héros littéraire préféré du public médiéval. Parmi ses derniers livres : Les Chevaliers de la Table Ronde (Éditions du Gui, 2006) ; L’héraldique imaginaire à la fin du Moyen Âge (Le Léopard d’or, 2007) ; Noir. Histoire d’une couleur (Seuil, 2008) ; L’art héraldique au Moyen Âge (Seuil, 2009).

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 14 Décembre, 2009 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Informations pratiques: 
salle Vielliard.
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
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Ymagiers : Le programme iconographique de la Somme le Roi (8 fév. 2010)

La Bête de la mer. Frère Laurent, Somme le Roi, Paris, 1295, Paris, Bibliothèque Mazarine, ms. 870, f. 8

La prochaine réunion des Ymagiers aura lieu le lundi 8 février 2010, à 17 h 30, à l’Institut de recherche et d’histoire des textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter : Anne-Françoise Leurquin-Labie et Maurice Régnier : « Le programme iconographique de la Somme le Roi »

Préoccupé par la formation religieuse et morale de ses sujets, le roi de France Philippe III avait commandé à son confesseur frère Laurent un traité didactique en français. L’ouvrage, qui nous donne une idée du savoir minimal idéal d’un laïc en matière de foi, fut achevé en 1279-1280, et connut un grand succès jusqu’à la fin du Moyen Âge. On en connaît encore une centaine de manuscrits.

De même qu’il existe une tradition textuelle, on peut parler pour la Somme le Roi de tradition iconographique : en effet un cycle de 15 miniatures en pleine page, qui viennent illustrer le propos et en souligner la structure, est copié de manuscrit en manuscrit dès les plus anciens témoins.

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Frère Laurent est-il le concepteur de ce programme ? Quel rapport le texte entretient-il avec les images ? Quelles images relèvent du topos et quelle est la part d’originalité ? Quelles variantes présentent les manuscrits ? Le cycle originel a-t-il exercé une influence sur l’iconographie postérieure de la Somme ? Autant de questions auxquelles, conjuguant les apports de la philologie et de l’histoire de l’art, nous tenterons d’apporter quelques réponses.

Présentation des conférenciers

Membre de la section romane de l’IRHT, Anne-Françoise Leurquin-Labie travaille depuis longtemps sur l’hagiographie française de la fin du Moyen Âge. Avec sa collègue Marie-Laure Savoye, elle a réalisé la base de données Jonas, répertoire des textes et des manuscrits médiévaux d’oc et d’oïl, consultable en ligne sur le site de l’IRHT ; le premier corpus traité de façon systématique, l’hagiographie, est aujourd’hui achevé. Elle vient de publier avec Édith Brayer l’édition critique de La Somme le roi par frère Laurent (Paris, Société des Anciens Textes Français, 2008).

Maurice Régnier a travaillé de 1969 à 1998 au Répertoire d’art et d’archéologie où il était chargé des publications germanophones. Historien de l’art dont les intérêts vont de l’Antiquité tardive au xvie siècle, il est en particulier passionné d’art religieux et d’iconographie biblique.

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 8 Février, 2010 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau (EPHE)
Intervenants IRHT: 
Intervenants externes: 
Maurice Régnier

« Vous adorez un Dieu de Pain ! ». Enjeux et polémiques autour de l’ostensoir à la Contre-Réforme. Ymagiers du 12 avril 2010

Antiphonaire à l’usage de la chartreuse du Liget. Probablement Paris, 1re moitié du XVIe s. Loches, BM, ms. 2, f. 188

La prochaine réunion des Ymagiers aura lieu le lundi 12 avril 2010, à 17 h 30, à l’Institut de recherche et d’histoire des textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter, Frédéric Tixier, « “Vous adorez un Dieu de Pain ! 1”. Enjeux et polémiques autour de l’ostensoir à la Contre-Réforme ».

Apparu dans la seconde moitié du xiiie siècle, l’ostensoir, également appelé monstrance eucharistique ou « Porte-Dieu », est le réceptacle du Corpus Christi lors des différentes festivités en l’honneur du Saint-Sacrement (notamment au cours de l’adoration et de la procession de la Fête-Dieu). Ustensile majeur du mobilier liturgique, il est très rapidement crédité d’une importante aura protectrice, véritable moyen pour le fidèle d’accéder à Dieu et par conséquent, à son salut personnel. À partir du xvie siècle, les critiques menées par les réformateurs se concentrent sur les nombreux abus de l’Église, en particulier sur ceux en rapport avec le culte eucharistique. Martin Luther et Jean Calvin en tête voient dans les diverses manifestations dévotionnelles envers l’hostie consacrée des pratiques inutiles et idolâtres, empruntes de paganisme. Honnis par ces derniers mais exalté par le courant conservateur, l’ostensoir devient un emblème de la Contre-Réforme aux forts enjeux théologiques. À travers quelques exemples empruntés aux domaines de l’orfèvrerie, de l’enluminure ou encore de la gravure, cette conférence se propose d’étudier la place et les enjeux de cette pièce du mobilier liturgique dans le contexte troublé des années 1500. Il en résultera alors des rapports différents au Corpus Christi et plus encore, l’émergence d’une forme nouvelle de l’objet eucharistique : le « Soleil ».

Présentation du conférencier

Frédéric Tixier achève actuellement sa thèse de doctorat portant sur La monstrance eucharistique, du milieu du xiiie siècle aux environs de 1600 sous la direction de M. Jean-Pierre Caillet, à l’université de Paris Ouest – Nanterre La Défense. Après avoir passé quatre ans à l’Institut National d’Histoire de l’Art en tant que chargé d’études et de recherche, il est aujourd’hui attaché temporaire d’enseignement et de recherche au département Histoire de l’Art et Archéologie de l’université de Nantes où il enseigne l’iconographie médiévale. Ses recherches portent notamment sur l’orfèvrerie du Moyen Âge (l’Œuvre de Limoges), la question du faux et les collectionneurs d’objets médiévaux au xixe siècle.

  1. 1. D’après l’ouvrage De l’origine des fêtes des chrétiens du calviniste Rodophe Hospinien (1547-1629)
Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 12 Avril, 2010 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Lieu: 

Salle jeanne Vielliard

Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Frédéric Tixier

Images du Miracle du pendu dépendu

Miracle du pendu dépendu (détail), Châtillon-sur-Seine, église Saint-Nicolas, verrière des pèlerins de Saint-Jacques, 1548-1550

La prochaine réunion des Ymagiers aura lieu le lundi 14 juin 2010, à 17h30, à l’Institut de recherche et d’histoire des textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle Jeanne-Vielliard. Nous aurons le plaisir d’écouter :

Janine Michel :  « Images du Miracle du pendu dépendu »

Les représentations du miracle du pendu dépendu attribué à saint Jacques le Majeur sont nombreuses dans toute l’Europe médiévale, en particulier aux xve et xvie siècles, sur différents supports, tels que vitraux, fresques, tableaux, retables peints ou sculptés, manuscrits. Souvent par cycles de six à seize scènes, ces images permettent d’étudier à la fois les vêtements et attitudes du voyageur pèlerin et les paysages et lieux où il fait étape : rues, salles d’auberge et chambres, ainsi que le sanctuaire où il arrive. Elles montrent aussi la vulnérabilité du statut « d’étranger » du pèlerin et du voyageur et la manière brutale dont il peut être arrêté, condamné, pendu. La parole des aubergistes malhonnêtes ou même de leurs servantes vaut plus, pour un juge, que celle de l’étranger toujours suspect. Ces images, toujours commanditées par les milieux ecclésiastiques, semblent encourager et rassurer le pèlerin croyant, le protéger des risques, En revanche, elles peuvent dissuader le mauvais pèlerin. On peut se demander néanmoins quel impact ont réellement pu avoir ces images sur l’ensemble des voyageurs sillonnant les routes médiévales.

Présentation de l’intervenant

Janine Michel prépare une thèse d’iconographie sur Les pèlerins et les pèlerinages du xie au xvie siècle sous la direction de Michel Pastoureau, à l’EPHE. Elle a publié dans la revue en ligne SaintJacquesInfo : « Restitution ou restauration ? Un exemple du Codex Calixtinus » [http://lodel.irevues.inist.fr/saintjacquesinfo/index.php?id=1282] et « Un puzzle en cours de reconstitution : une ‘Histoire de Charlemagne et de Roland’ racontée par un ensemble de fragments de tapisseries du xve siècle » [http://lodel.irevues.inist.fr/saintjacquesinfo/index.php?id=1319]. Le sujet de sa conférence a donné lieu à un article dans Histoire antique et médiévale (mars 2010, hHors série 22, p. 56-59).

 

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Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date séance: 
Lundi, 14 Juin, 2010 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau (EPHE)
Intervenants externes: 
Janine Michel

Ymagiers : année 2008-2009

Conférences d’iconographie médiévale

Année universitaire 2008-2009 : programme.

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date reprise: 
Lundi, 20 Octobre, 2008 - 17:30
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau

Les Ymagiers : Enjeux iconographiques et transferts artistiques en Europe au XVe siècle : la sculpture du couvent dominicain de Santa Maria da Vitória de Batalha

 

Façade du couvent Santa maria de Batalha: Batalha (Portugal) Couvent dominicain Santa Maria da Vitória, façade occidentale (cl. J.-M. Guillouët)Façade du couvent Santa maria de Batalha: Batalha (Portugal) Couvent dominicain Santa Maria da Vitória, façade occidentale (cl. J.-M. Guillouët)

Le portail du couvent dominicain de Santa Maria da Vitória de
Batalha est l’un des plus importants témoignages de la sculpture
portugaise de la fin du Moyen Âge. Construit près de l’emplacement
d’une victoire militaire décisive gagnée par João I d’Avis sur Juan I
de Castille, événement refondateur de l’histoire du Portugal, ce
monument est un véritable « lieu de mémoire ».

Un regard attentif aux dispositions de l’architecture de l’église
comme aux vestiges, encore nombreux, du programme original permet de
réévaluer la datation habituellement admise pour la façade et d’en
replacer le chantier dans le développement de la sculpture européenne
du XVe siècle. Le portail de Santa Maria da Vitória témoigne de
l’activité, vers 1420-1440, d’un atelier de sculpteurs auparavant actif
dans le Levant péninsulaire (Catalogne) mais qui est, sinon d'origine,
tout au moins de formation française, comme le montre sa connaissance
des chantiers de Rouen et de Bourges à la fin du XIVe siècle.
L’importation de thèmes et d’une organisation iconographique issue de
modèles du gothique rayonnant français se mêle à des apports venus de
Castille, chargés de rappeler monumentalement la victoire de 1385. Des
thèmes atypiques dans le royaume portugais (tels qu’un cycle d’Hercule
déployé dans les consoles des ébrasements ou la hiérarchie céleste des
voussures) peuvent être replacés dans le contexte artistique et
intellectuel de la cour royale de la fin du xive et du début du xve siècle.

Présentation du conférencier

Jean-Marie Guillouët est maître de conférences d’Histoire de l’art
médiéval à l’université de Nantes et conseiller scientifique pour le
Moyen Âge à l’Institut national d’histoire de l’art. Sa thèse de
doctorat (Les portails de la cathédrale de Nantes. Un grand programme sculpté du xve siècle et son public, Rennes, 2003) a été suivie de différents travaux notamment sur la sculpture du xve
siècle en France. Un post-doctorat de l’université de Coimbra lui a
permis d’engager depuis 2005 des recherches sur la sculpture
portugaise, à partir du cas des portails de l’église Santa Maria da
Vitória de Batalha. Ces travaux le conduisent à travailler aujourd’hui
sur la question des transferts artistiques en Europe à la fin du Moyen
Âge. Il a organisé avec Claudia Rabel deux journées d’études consacrées
à la notion de « programme » dans l’art médiéval. Avec Pascale Charron
il a dirigé le Dictionnaire d’histoire de l’art du Moyen Âge (coll. « Bouquins » chez Robert Laffont, à paraître en janvier 2009).

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date reprise: 
Lundi, 20 Octobre, 2008 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Augustin-Thierry
Informations pratiques: 
17h30, salle Vielliard
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Jean-Marie Guillouët

Images de saints dans la cathédrale de Monreale (Sicile, fin du XIIe siècle). Fonctions et significations

Conférences d’iconographie médiévale

La cathédrale de Monreale est la dernière fondation royale
siculo-normande commandée par Guillaume II (1172-1189). Son décor en
mosaîques a fait l’objet de nombreuses analyses et a suscité de vives
passions. Toutefois un aspect a été négligé, voire oublié dans les
études du xxe siècle et de ce
début du xxie siècle : le
programme hagiographique composé de 174 représentations de saints.

Abside de la cathédrale de Monreale (1172-1189), Sicile (cliché S. Brodbeck)Abside de la cathédrale de Monreale (1172-1189), Sicile (cliché S. Brodbeck)

L’iconographie et le choix des saints révèlent les emprunts variés
du décor, au carrefour de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Sud.
Ces images sont présentées dans une cohabitation qui peut paraître
surprenante, mais qui traduit une intention unificatrice dans la fusion
des composantes. Le souverain demeure le personnage central de ce
décor, tant les saints sont choisis et répartis dans l’espace suivant
les grandes perspectives de son règne. Appréhendées dans leur dimension
spatiale, dans leurs liens avec l’architecture, avec l’aménagement
liturgique et cérémoniel, les effigies hagiographiques nous montrent
qu’une réflexion intense a été menée sur l’utilisation des images dans
l’édifice. Elles nous dévoilent non seulement les orientations
politico-religieuses du souverain commanditaire (les liens avec
Byzance, avec les territoires Plantagenêt et la forte implantation
locale) mais nous aident également à mieux comprendre la destination
des espaces internes de cette cathédrale royale et monastique, vouée à
devenir un mausolée dynastique.

Présentation de la conférencière

Sulamith Brodbeck a soutenu en 2005 sa thèse de doctorat à
l’Université de Paris I ; portant sur le programme hagiographique de la
cathédrale de Monreale, cette thèse sera publiée en 2009 par l’École
Française de Rome sous le titre Images de saints dans la cathédrale de Monreale. Hagiographie et pouvoir royal en Sicile à la fin du xiie siècle.
Après avoir enseigné l’histoire de l’art médiéval occidental et
byzantin à Paris I, elle est actuellement chargée d’enseignement
visiteur aux facultés de Namur en archéologie et histoire de l’art du
Moyen Âge. Ses recherches portent sur le statut et le fonctionnement de
l’image, sur l’art de la Sicile et du Mezzogiorno entre Orient et
Occident et sur les relations artistiques entre la Sicile, les
territoires Plantagenêt et l’empire germanique dans la seconde moitié
du xiie siècle.

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date reprise: 
Lundi, 15 Décembre, 2008 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Informations pratiques: 
17h30, salle Jeanne-Vielliard
Organisateurs
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Sulamith Brodbeck

Les Ymagiers : Le retable du « Portement de Croix » de Francesco Laurana (1478)

Conférences d’iconographie médiévale

Le retable du « Portement de Croix » de Francesco Laurana pour le roi
René (1478) : Une image originale de la Passion, séance des Ymagiers du
16 février 2009, par Rose-Marie Ferré.

Le retable du Portement de Croix, désigné le plus souvent dans les
documents d’archives comme « l’ouvraige d’ymaigerie de nostre dame de
l’espasme », a été commandé par René d’Anjou au sculpteur Francesco
Laurana en 1478 pour orner l’autel majeur de l’église du couvent des
Célestins d’Avignon. Motivée par le don fait par le couple princier
d’un morceau de la relique de la Vraie Croix, il s’agit de la dernière
grande commande du roi. Son iconographie a longtemps intrigué les
chercheurs. Ils s’accordaient à reconnaître la scène du Portement de
Croix, mais ne savaient expliquer la présence de la Vierge évanouie
devant le funeste cortège, l’assimilant à l’épisode de la Pâmoison lors
de la Crucifixion. De même, l’aspect formel, très expressionniste, des
sculptures a toujours posé problème eu égard au style habituel, délicat
et serein, de l’artiste de formation italienne.

Francesco Laurana, Retable du « Portement de Croix », 1478-1481. Marbre et polychromie, 248 x 289 cm (pour la partie centrale. DFrancesco Laurana, Retable du « Portement de Croix », 1478-1481. Marbre et polychromie, 248 × 289 cm (pour la partie centrale). Destiné à l’église des Célestins à Avignon (aujourd’hui église Saint-Didier à Avignon).

L’analyse des sources d’inspiration de Francesco Laurana ainsi que
la mise en perspective des intentions du commanditaire et de
l’environnement culturel et spirituel de l’œuvre ont permis d’en
révéler le sens profond. En effet, si le retable évoque un seul et même
moment du calvaire, situé avant la Crucifixion, il constitue une
interprétation fidèle d’un extrait du Mystère de la Passion d’Arnoul
Gréban, écrivain et dramaturge ayant travaillé au service de René et de
son frère Charles du Maine. Cette référence au monde dramatique conduit
à s’interroger sur les relations qui se nouent entre plusieurs moyens
d’expression artistique. Cela invite également à reconsidérer le rôle
et la fonction de l’art et de l’artiste à la fin du Moyen Âge en
général, et à la cour de René d’Anjou en particulier.

Présentation de la conférencière

Rose-Marie Ferré a soutenu en 2008 une thèse de doctorat à l’université de la Sorbonne (Paris IV) intitulée : La commande artistique à la cour de René d’Anjou : un concert de mots et d’images,
portant sur la relation des arts figurés et du théâtre, et plus
largement sur le dialogue entre les arts. Ses publications portent
ainsi sur les paramètres de la commande artistique et sur la pluralité
des interactions entre les différents modes d’expression : en
témoignent ses études sur le Pas de Saumur (dans L’Artiste et le Clerc, Paris, 2006), sur le Mystère du Roy Advenir de Jean du Prier (dans Poètes et Artistes : la figure du créateur en Europe du Moyen Âge à la Renaissance, Limoges, 2007), ou encore sur le retable de l’Annonciation d’Aix de Barthélemy d’Eyck (dans European Medieval Drama, 12, 2008). Elle collaborera en 2009 aux différents évènements commémorant le 600e anniversaire de la naissance de René d’Anjou. Rose-Marie Ferré occupe actuellement un poste d’ATER à Paris IV.

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date reprise: 
Lundi, 16 Février, 2009 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Rose-Marie Ferré

Les Ymagiers : les bavardes au Moyen Âge

Conférences d’iconographie médiévale

Christine
Leduc-Gueye : « Les bavardes au Moyen Âge : des images pour
l’exemple », séance des Ymagiers du 20 avril 2009.

La figure de la femme bavarde a connu un certain
succès dans la production littéraire et artistique de la fin du Moyen Âge. Les
farces satiriques dans lesquelles les auteurs la dépeignent, notamment dans le
cadre de la vie du couple, sont nombreuses. Dans l’art médiéval, le motif le
plus répandu est celui des bavardes figurées à l’église entourées de diables
transcrivant leurs propos. Cette image, qui stigmatise le péché de langue
commis pendant l’office divin, tire sa source d’un exemplum attesté
depuis Jacques de Vitry, au début du xiiie siècle.

Les femmes bavardes. Nef de l’église du Mesnil-Aubert (Manche), 2e moitié XVe s. Cl. I. Hans-CollasLes femmes bavardes. Nef de l’église du Mesnil-Aubert (Manche), 2e moitié XVe s. Cl. I. Hans-Collas

Les représentations peintes apparaissent simultanément à la fin du xiiie siècle en plusieurs régions d’Occident grâce au succès de cet exemplum diffusé par les ordres mendiants. L’Allemagne, l’Angleterre, le Danemark et la Suède en conservent les représentations les plus précoces. En France, il faut attendre le dernier quart
du xive siècle pour voir apparaître la première peinture. Les
dix-sept occurrences sont toutes situées dans la moitié nord de la France avec une concentration remarquable dans l’Ouest. Une fortune qu’il faut mettre en parallèle avec celle d’un autre thème moralisateur, celui de la Rencontre des trois morts et des trois vifs.

Ces images représentées dans les églises
paroissiales, à des emplacements particulièrement bien choisis, étaient
destinées à soutenir le message du prédicateur dénonçant ce comportement
coupable et à encourager la contrition et la confession.

Présentation de la conférencière

Christine Leduc-Gueye est chercheuse indépendante.
Sa thèse de doctorat soutenue en 1999 à l’université Marc Bloch de Strasbourg
portait sur la peinture murale en Anjou et dans le Maine aux xve et xvie siècles. Elle travaille depuis plusieurs années à l’inventaire
et l’étude du patrimoine peint monumental des départements de la Sarthe et du
Maine-et-Loire. En 2007, elle a été commissaire de l’exposition D’intimité,
d’éternité. La peinture monumentale en Anjou au temps du roi René
à
la collégiale Saint-Martin d’Angers, et a organisé deux journées d’étude
consacrées au décor peint dans la demeure au Moyen Âge. Avec le groupe de
recherche sur la peinture murale (GRPM), elle a publié un ouvrage sur le thème
de la Rencontre des trois morts et des trois vifs dans la
peinture murale en France.

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date reprise: 
Lundi, 20 Avril, 2009 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Informations pratiques: 
Salle Jeanne Vielliard
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Christine Leduc-Gueye

Les Ymagiers : Du psautier au livre d’heures. L’iconographie des livres de prières franco-flamands (1250-1320) par Joanna Ziętkiewicz-Kotz

Conférences d’iconographie médiévale

Réunion des Ymagiers le lundi
15 juin 2009, à 17 h 30,
à l’Institut de recherche et
d’histoire des textes (40, avenue d’Iéna, 75016 Paris), salle
Jeanne-Vielliard.

À la fin du Moyen Âge, le livre d’heures est le
recueil de dévotion le plus populaire à l’usage des laïcs. A l’origine il n’est
qu’un simple supplément du psautier, au sein duquel sa place va grandissant
jusqu’à devenir un livre indépendant. Dans l’aire franco-flamande, les premiers
psautiers-heures apparaissent vers le milieu du XIIIe siècle, mais
c’est seulement au début du siècle suivant que le livre d’heures acquiert son
indépendance et supplante vraiment le psautier auprès des laïcs.Saint François prêchant aux oiseaux.  Psautier-livre d’heures, Arras, vers 1275.  Cracovie, Bibliothèque Czartoryski, ms. 3466,Saint François prêchant aux oiseaux. Psautier-livre d’heures, Arras, vers 1275. Cracovie, Bibliothèque Czartoryski, ms. 3466, f. 219v (Cl. Radek Rymut) 

La vogue du psautier est due à la richesse de son
décor peint et à la variété exceptionnelle des solutions iconographiques qu’il
propose. En plus du cycle parisien de David, adopté dans les manuscrits
franco-flamands dès avant 1250, trois cycles novateurs sont conçus pour scander
les psaumes ; consacrés à l’iconographie du Christ, des apôtres et des
saints, ils traduisent les aspirations spirituelles des commanditaires. Ces
cycles n’ayant pas de rapport avec le texte (contrairement à l’iconographie
parisienne du psautier), les imagiers des premiers livres d’heures y font de
nombreux emprunts et y trouvent leur principale source d’inspiration pour
illustrer ce nouveau recueil d’offices et de prières. Au début, les cycles
iconographiques du psautier sont transférés dans le livre d’heure sans rapport
avec la nature des textes qu’ils y mettent en valeur. Progressivement, le lien
entre décoration et texte devient plus manifeste, afin de conférer une
cohérence au livre dont les images visualisent le contenu et la structure.

Les créations des artistes franco-flamands pour
l’iconographie du psautier reflétaient les attentes des fidèles pour un nouveau
type d’images, aptes à stimuler leur foi et à les conduire sur la voie de la
pénitence et de la perfection. Les livres d’heures ont pris le relais et ont
parfaitement répondu à ces attentes. Leur structure souple et ouverte a permis
d’utiliser librement des cycles iconographiques déjà existants et d’en
introduire de nouveaux, répondant ainsi aux besoins spirituels accrus de leurs
commanditaires laïcs.

Présentation de la conférencière

Dans sa thèse de doctorat soutenue en 2008 à l’Université Jagellonne de Cracovie, Joanna Ziętkiewicz-Kotz a étudié la genèse des livres d’heures dans la région franco-flamande et leurs sources iconographiques : L’iconographie des livres de prières franco-flamands du début de l’époque gothique (1240-1320). Du psautier au livre d’heures. Elle enseigne l’histoire de
l’art médiéval à l’Académie Pontificale de Théologie à Cracovie. Ses recherches
portent sur l’enluminure française et flamande du xiiie siècle ainsi que sur le rapport entre le texte et l’image dans les manuscrits enluminés,
notamment sur la décoration du psautier. Elle est secrétaire de la Commission de
l’histoire de l’art de l’Académie Polonaise des Sciences et des Lettres

Actif
Séminaire de recherche
Conditions d’accès: 
Accès libre
Dates
Date reprise: 
Lundi, 15 Juin, 2009 - 17:30
Lieu (IRHT): 
Centre Félix-Grat
Informations pratiques: 
IRHT, Salle jeanne Vielliard
Organisateurs
Organisateur(s) IRHT: 
Autre(s) organisateur(s): 
Michel Pastoureau
Intervenants externes: 
Joanna Ziętkiewicz-Kotz